Bonjour!
J’aimerais tout d’abord mentionner que nous sommes ici rassemblés dans un territoire Mic Mac traditionnel.
J’aimerais que vous vous joigniez à moi pour présenter, au nom du Nouveau Parti démocratique, nos condoléances à la famille du célèbre militant Mic Mac Donald Marshall Jr., décédé la semaine dernière. La lutte courageuse de Donald pour les droits de son peuple nous rappelle la longue bataille pour obtenir les excuses historiques pour les pensionnats indiens.
Mais des excuses ne valent rien tant que les gens ne passent pas à l’action. Et personne n’est passé à l’action. Il est temps de passer à l’action.
Maintenant, chers amis, qu’est-ce que vous pensez de notre congrès? Je dois vous dire que je me suis tellement amusé à Halifax en fin de semaine que je vais fredonner Farewell to Nova Scotia/your sea-bound coast pour les mois à venir. J’ai l’impression que vous vous êtes amusés.
Donnons une bonne main d’applaudissements à tous ceux qui ont aidé à organiser ce fantastique congrès! Merci!
En arrivant au congrès, j’avais en tête les visages des Canadiens qui, cet été, m’ont dit qu’ils avaient l’impression que le gouvernement les avait abandonnés. Beaucoup trop de Canadiens ont besoin d’aide maintenant et, malheureusement, ne l’obtiennent pas. J’avais aussi en tête ma nouvelle petite-fille, Béatrice. Je me suis dit qu’il faut créer un monde meilleur pour nos enfants.
Lorsque vous quitterez Halifax, j’espère que, comme moi, vous aurez une idée claire de la nouvelle vision que nous, néo-démocrates, avons pour le Canada. Un Canada avec un gouvernement pour qui la priorité est de servir tous les Canadiens. Un gouvernement qui travaille avec nous, pas contre nous.
On a besoin d’un gouvernement qui est du côté du vrai monde. Pas d’un gouvernement enlisé dans les vieux idéaux, mais plutôt d’un gouvernement qui en adopte de nouveaux. D’un Canada où le gouvernement aide à créer d’excellents emplois pour nos jeunes.
Aujourd’hui, un jeune sur cinq est sans emploi. C’est inacceptable.
Cet été, j’ai rencontré des étudiants qui m’ont dit qu’ils ne pouvaient pas retourner à l’école. Leurs dettes les étouffent. Ils n’ont pas d’emploi. Ils perdent espoir. Nous ne pouvons pas laisser faire ça.
Un membre de notre caucus m’a raconté l’histoire d’une veuve dont le mari travaillait chez Abitibi Bowater. On lui a dit qu’on allait lui couper sa pension. Elle et son mari avaient travaillé d’arrache-pied pendant plusieurs années.
Finalement, les dirigeants de la compagnie qui ont décidé d’abandonner les forêts, et le moulin l’ont, au bout du compte, abandonné elle.
Et tout ça, avec le consentement d’un gouvernement qui a refusé de l’aider. Et elle n’est pas la seule. Des aînés partout au pays ne savent pas comment ils vont s’en sortir.
Nous ne pouvons pas laisser une chose pareille se produire dans notre pays.
Pendant que Stephen Harper et Michael Ignatieff font leurs calculs électoraux, ils laissent tomber les gens.
Quand les gens avaient besoin d’aide au printemps, ils n’ont rien fait. Pendant que les gens ont besoin d’aide cet été, ils ne font toujours rien. Les gens vont avoir besoin d’aide cet automne, mais la seule chose dont parlent Harper et Ignatieff, c’est de la date des prochaines élections.
C’est leur obsession.
Nous, notre obsession, c’est d’aider les gens à traverser la crise.
Hier soir, je parlais avec un délégué des défis qui attendent le NPD. Nous avons parlé des gens qui, du revers de la main, disent : c’est impossible.
J’adore entendre cette phrase.
C’est impossible.
Vous ne ferez jamais élire un député au Québec. C’est impossible!
Vous n’aurez jamais un siège en Alberta. C’est impossible!
Vous ne serez jamais capable d’établir une base à Terre-Neuve et Labrador. C’est tout simplement impossible.
Et dernièrement, une de mes remarques préférées : vous ne ferez jamais élire un gouvernement néo-démocrate en Nouvelle-Écosse. Dites ça à Darrel Dexter.
Ou dites à Gary Doer qu’élire une troisième majorité, c’est impossible. Et pourquoi pas une quatrième?
Quand j’entends ces remarques, je pense à Tommy Douglas et à tout ce que les gens lui disaient, quand il a commencé à promouvoir l’assurance maladie en 1930 durant la Grande Crise.
C’est impossible.
Ils lui ont dit que la Saskatchewan ne peut pas se le permettre. Ils lui ont dit qu’il ne serait pas capable d’équilibrer le budget, c’est impossible.
Mais Tommy et notre mouvement voyaient que les gens souffraient sans assurance maladie. Ils avaient besoin d’aide.
Et Tommy a réussi.
Tommy a réussi en planifiant soigneusement son budget. Mais le plus important, c’est qu’il a mis de l’avant une vision d’un gouvernement au service de tous. Un gouvernement pour qui les gens ne sont pas des consommateurs, mais plutôt des citoyens à part entière.
En tant que Canadiens, autant les jeunes que les plus vieux, nous sommes fiers de notre pays. Nous sommes fiers de la façon dont nous considérons notre prochain, de notre compassion et de notre générosité. La façon dont nous nous entraidons lorsqu’il y a un désastre. Durant une inondation, personne ne doit demander à un Canadien : pouvez-vous remplir des sacs de sable? Ou en hiver : est-ce que vous pouvez aider à pelleter l’entrée d’un voisin malade? Les gens le font, tout simplement.
Je l’ai remarqué dans chaque coin de pays.
Pourtant, nous avons un gouvernement qui ne semble pas partager ces valeurs.
Le plus grand héritage que monsieur Harper va nous laisser sera l’affaiblissement des programmes sociaux que nous avons créés pour aider les gens en temps de besoin. Monsieur Harper croit que le gouvernement doit laisser le champ libre, se débarrasser des réglementations et laisser le marché suivre librement son cours. Les conservateurs et les libéraux croient dur comme fer à ces idéaux de droite. Nous l’avons vu. Ils ont récompensé l’avidité et ils ont laissé plusieurs personnes dans le besoin.
C’est pourquoi, pendant que la crise économique sévit, nous avons besoin d’un gouvernement qui travaille avec nous. Nous avons besoin d’un gouvernement néo-démocrate!
Nous croyons que lorsqu’une personne perd son emploi, elle a besoin d’un système d’assurance-emploi qui lui donne l’aide nécessaire.
Nous croyons que les pensions des Canadiens doivent être protégées, et nous dénonçons les bonis faramineux accordés à ceux qui ont perdu l’argent des pensions du vrai monde!
C’est une vraie honte!
J’ai rencontré une femme à Oshawa qui nous a dit pendant une rencontre publique - et croyez-moi, ce n’était pas facile pour elle – qu’elle avait été mise à pied et qu’elle avait utilisé une partie de sa modeste indemnité de départ pour couvrir les paiements d’hypothèque de ses parents. Ils allaient essayer de garder la maison familiale parce que ses deux parents avaient été renvoyés par GM. Son père a fondu en larmes quand il a pris le chèque. Il lui a dit : « C’est moi qui suis sensé prendre soin de toi. »
Ceci doit changer mes amis. Ceci doit changer.
Nous traversons la pire récession depuis les années 30. Mais sur la rue Bay, ils sortent encore une fois les lunettes roses. C’est ce qu’ils font chaque fois que le TSX grimpe. Les économistes des banques nous disent : « Wow! L’économie reprend. »
Mais, au même moment, plusieurs personnes perdent leurs emplois. L’hiver prochain, des milliers de personnes, nos familles, nos amis et nos voisins vont perdre leur emploi. Même le plus optimiste des économistes prédit que le chômage va continuer d’augmenter jusqu’en 2010.
Mais ils nous disent que tout ça est normal au cours d’une reprise économique. Une relance économique doit passer par ça. C’est une mauvaise attitude, une attitude défaitiste.
Et comment se fait-il que les directeurs généraux qui ont fait les investissements les plus imprudents ont-ils obtenu la plus grande aide gouvernementale au cours de la crise?
Où était l’aide pour le reste des Canadiens?
La pauvreté augmente plus vite que le taux de chômage. Et, à travers cette récession, comme l’a dit Roy Romanov, il sera « encore plus difficile de se sortir de la pauvreté qu’avant ». Tout ça parce que notre filet social a été saccagé.
Posez-vous la question : qu’est-ce qui a causé cette récession? Est-ce que c’était la taille de votre chèque de paie? Votre manque d’éducation? Votre refus de déménager pour aller travailler ailleurs?
Non.
Cette récession a été déclenchée par un carnaval d’avidité chez les banquiers, les spéculateurs et les compagnies hypothécaires. Et les gouvernements partout ailleurs ont répondu en intervenant avec ardeur pour aider l’économie
Mais pas ici.
Nous avons eu besoin de donner un électrochoc à Stephen Harper pour qu’il intervienne dans l’économie.
Cet été, j’ai rencontré des gens, dans les festivals locaux, les hôtels de ville, les résidences pour personnes âgées, les sous-sols d’églises, dans les files d’attente chez Tim Hortons et, malheureusement, à l’extérieur de beaucoup trop d’usines qui fermaient. Tout le monde me demandait où était l’aide du gouvernement.
Il est maintenant clair qu’elle ne viendra pas des conservateurs de Stephen Harper. Ils pensaient que le Canada était sur la bonne voie avant la récession. Et ils avaient tort.
Croyez-vous qu’ils ont des idées pour une économie durable?
Rappelez-vous quand Stephen Harper a dit qu’il voulait que le Canada devienne une superpuissance énergétique? Lui et M. Ignatieff voulaient accélérer l’exploitation des sables bitumineux pendant qu’ils perdaient des emplois dans les oléoducs qu’ils rejettaient, des déchets toxiques dans la rivière Athabaska et qu’ils généreraient des pluies acides en Saskatchewan, en plus de ruiner notre réputation internationale sur les changements climatiques.
Les pays du monde entier se préparent à la rencontre à Copenhague plus tard cette année pour discuter des changements climatiques. Mais est-ce qu’on peut faire confiance à Stephen Harper concernant la lutte aux changements climatiques? Est-ce qu’on peut faire confiance aux conservateurs à Copenhague?
Nous savons en qui nous pouvons avoir confiance. En Darell Dexter qui vient de mettre en place des plafonds sévères sur les émissions de carbone, exactement ce que nous avions besoin.
J’ai une autre question pour vous : croyez-vous vraiment que les conservateurs de Stephen Harper, ou les libéraux d’Ignatieff par ailleurs, vont mettre fin à notre rôle armé en Afghanistan en 2011?
Sans le NPD, il est certain que les libéraux et les conservateurs garderaient le Canada impliqué dans la guerre en Afghanistan après 2011. Nous voulons un gouvernement pour qui la diplomatie et le maintien de la paix passent en premier. Voilà pourquoi, dès le début, nous avons dit que ce conflit ne peut pas et ne sera pas réglé par une action militaire. Voilà pourquoi nous disons encore aujourd’hui : appuyez nos troupes et ramenez-les à la maison.
Mes amis, je pense qu’il est temps de rejeter la vieille façon de penser des conservateurs et des libéraux. Les marchés et la bourse ne peuvent pas tout régler. Ils ne peuvent pas tracer notre future.
Mes amis canadiens, il est temps de rejeter les vieilles façons de penser des conservateurs et libéraux complaisants. Nous ne pouvons pas laisser le marché décider de notre avenir. C’est une tâche qui doit reposer entre les mains des Canadiens.
Il est aussi temps de rejeter les vieilles chicanes, le genre de chicanes qui font vivre un Bloc québécois
qui s’encrassent et s’incrustent à Ottawa. Parce qu’on a fait le tour du Bloc!
Nous devons tracer notre propre chemin, ensemble.
Est-ce que nous sommes capables de le faire?
Demandez-le au premier ministre Dexter et au premier ministre Doer. Demandez-le au nouveau chef du NPD de la Saskatchewan, Dwain Lingenfelter. Demandez-le à la première femme-chef de notre parti en Ontario, Andrea Horwath. Demandez-le à notre caucus doué et dévoué. Demandez-le à la nouvelle présidente de notre parti, Peggy Nash. Demandez-le aux nouvelles candidates et aux nouveaux candidats qui s’engagent d’un bout à l’autre du pays.
Ils vous le diront. Nous sommes capables.
Nous réparerons l’héritage de négligence et d’injustice que nous ont laissé trois décennies de vieilles idées.
Nous invitons tous les Canadiens à se joindre à nous, et à imaginer le Canada que nous pouvons construire ensemble.
Dans notre Canada, les travailleurs sans emploi reçoivent l’assurance-emploi et la formation dont ils ont besoin.
Dans notre Canada, les Premières Nations, les Inuits et les Métis participent pleinement à notre nouvelle économie.
Dans notre Canada, les nouveaux Canadiens obtiennent de l’aide pour trouver un emploi, et lorsqu’ils voyagent à l’étranger, ils n’ont pas peur de se faire saisir leur passeport et que leur gouvernement nie leur identité.
Dans notre Canada, le gouvernement protège les citoyens des pratiques injustes des banques et des compagnies de crédit.
Dans notre Canada, les personnes handicapées sont traitées avec respect et dignité.
Dans notre Canada, les familles ont accès à une éducation préscolaire abordable.
Dans notre Canada, les changements climatiques nous font mettre en place des mesures d’efficacité énergétique que nous développerons, qui créeront des emplois ici et que nous exporterons ailleurs au monde.
C’est ça, le Canada que nous voulons.
Nous voulons un gouvernement du côté des familles et gens, qui choisit les collectivités comme priorité.
Nous voulons une économie durable, équitable, qui crée des bons emplois.
Nous voulons un régime fiscal, juste pour tout le monde, qui combat l’inégalité.
Nous voulons réduire les impôts et les formalités administratives pour les petites entreprises afin qu’elles puissent créer des emplois, car c’est ce qu’elles font.
Nous voulons améliorer notre régime de pension pour nous assurer qu’aucune personne âgée ne soit laissée dans le besoin.
Nous nous engageons à étendre et améliorer la couverture de notre système de santé.
Et le garder public.
Dans notre Canada, le gouvernement travaille pour nous.
Et non contre nous.
Maintenant, chers amis, allons à la rencontre des Canadiens et écoutons ce qu’ils ont à nous dire. Partageons avec eux notre histoire, nos espoirs et nos rêves pour un Canada meilleur. Invitons nos amis et nos voisins à se joindre à nous, à une nouvelle façon de penser un pays qui nous donne espoir.
C’est notre Canada, reprenons-le avec un gouvernement qui défend nos intérêts!
Merci!