OTTAWA – Le porte-parole néo-démocrate en matière d’industrie et d’automobile et à l’égard de la frontière canado-américaine, Brian Masse, a déclaré hier que le rapport sur l’industrie de l’automobile déposé par le Comité de l’industrie, de la science et de la technologie de la Chambre des communes est une distraction inutile qui ne renseigne pas la population sur les problèmes réels de ce secteur et qui reste muet sur les besoins de l’industrie en matière de compétitivité et de viabilité.
« C’est un bel exemple d’insouciance et de dérobade. Le comité avait l’occasion de réfuter des informations erronées par des faits et d’expliquer clairement à la population la crise qui sévit dans l’industrie de l’automobile. Le rapport aurait pu aider les Canadiens à bien comprendre la nature et la justification des mesures à prendre. Ainsi, nous savons que les ouvriers de Toyota au Canada ont la même rémunération que les travailleurs de Chrysler. Or, le rapport se transforme en une démonstration tout à fait inefficace. La prétendue opposition libérale s’est alliée aux conservateurs pour garantir l’inaction totale », a déclaré M. Masse.
Le rapport sur l’industrie de l’automobile est le fruit de plusieurs semaines d’audiences auxquelles ont participé tous les fabricants qui ont des usines d’assemblage de véhicules au Canada, le secteur des pièces d’automobiles, l’industrie des moules, diverses associations professionnelles et les Travailleurs et travailleuses canadiens de l’automobile. Il comprend toutefois quatre opinions dissidentes formulées par chacun des partis, ce qui est plutôt inhabituel. La publication du rapport a été éclipsée par l’annonce, hier, des plans des gouvernements du Canada, de l’Ontario et des États-Unis à l’égard de GM et de Chrysler.
« Les annonces faites lundi comprenaient au moins quelques idées que j’avais communiquées au Premier ministre en décembre dernier. La nécessité que le gouvernement fournisse des liquidités pour que les consommateurs puissent acheter ou louer des véhicules est au cœur même de la crise qui frappe cette industrie. Les consommateurs n’ont pas accès à des prêts abordables en raison des problèmes qui affligent le marché du crédit. Toutefois, les gouvernements fédéral et provincial n’ont pas osé faire autant que le gouvernement américain aux chapitres des garanties, des investissements dans des innovations ou du soutien aux fournisseurs, ce qui traduit bien leur manque d’engagement réel », a ajouté M. Masse.
« Le comité avait l’occasion d’agir de façon concrète pour notre secteur de l’automobile et pour la population. Il a plutôt décidé de faire diversion. Les conservateurs de Stephen Harper persistent dans l’inaction et l’incompétence, comme les libéraux qu’ils ont remplacés », a conclu M. Masse.