OTTAWA — Le gouvernement conservateur ne démontre aucune ouverture pour modifier le projet de loi omnibus sur la criminalité, déplore le NPD, qui demande au gouvernement de répondre adéquatement aux préoccupations légitimes du Québec et des autres provinces.
Le ministre québécois de la Justice, Jean-Marc Fournier, a proposé mardi lors d’une rencontre avec son homologue fédéral, Rob Nicholson, une série d’amendements à apporter au projet de loi C-10 afin que ce dernier corresponde aux valeurs du Québec, notamment en ce qui concerne le système de réhabilitation pour les jeunes contrevenants.
Or, le ministre Nicholson a refusé toutes les suggestions de M. Fournier. Ce dernier s’est d’ailleurs dit déçu et mécontent de la rencontre, ajoutant même qu’elle n’était qu’une «manœuvre de diversion» de la part des conservateurs.
Face à tant d’intransigeance, la porte-parole adjointe du NPD en matière de justice Françoise Boivin demande aux conservateurs d’entendre la voix de la raison et d’étudier plus en profondeur les amendements demandés par le Québec. Elle s’engage à travailler sans relâche dans cette direction.
«Au-delà de l’idéologie, la science prouve hors de tout doute que le modèle de durcissement des peines ne sert à rien, déclare la députée. En se basant sur des observations personnelles au lieu de rapports d’experts, les conservateurs font fi de la réalité et s’accrochent désespérément à leur vision rétrograde. Même s’ils sont majoritaires, les conservateurs ont le devoir moral d’écouter de bonne foi les suggestions de l’opposition et des citoyens. C’est aussi ça, la démocratie.»
Déjà, le NPD a réussi à faire lever le bâillon qu’a voulu imposer les conservateurs sur l’étude du projet de loi C-10. C’est pourquoi deux jours d’étude en comité ont été prévus cette semaine.
«Sans notre travail acharné, les conservateurs auraient fait fi des critiques et de l’opposition sur leur projet de loi et se seraient arrangés pour que celui-ci soit adopté à toute vitesse. Il faut rester vigilants pour que les conservateurs respectent les principes fondamentaux de la démocratie», conclut la porte-parole adjointe en matière de Justice, Françoise Boivin.