OTTAWA – La nouvelle politique en matière de réglementation télévisuelle annoncée hier par le CRTC n’a rien fait pour protéger l’intérêt public et a laissé pour compte le secteur de la télédiffusion publique. La décision est néfaste pour CBC/Radio-Canada ainsi que pour les consommateurs, selon Charlie Angus (Timmins-Baie James), porte-parole du NPD en matière de patrimoine et culture.
« Le CRTC a le mandat de veiller à ce que les productions et la culture canadienne soient diffusées tant par les télédiffuseurs privés que publics dans tout le pays. Konrad Von Finckenstein a par contre ouvertement fait pencher la balance en faveur des télédiffuseurs privés. L’avenir de Radio-Canada est très sombre ».
Le CRTC a miné la capacité qu’a Radio-Canada de concurrencer avec des télédiffuseurs privés en donnant le feu vert à ces derniers afin qu’ils négocient l’obtention de nouveaux revenus avec les câblodistributeurs, tout en refusant de donner le même privilège à Radio-Canada. M. Angus affirme que la décision qu’a prise le CRTC aura d’importantes répercussions sur la capacité du télédiffuseur public de remplir son important mandat.
M. Angus souligne que cette décision est plus particulièrement dévastatrice depuis que les conservateurs ont décidé l’an passé d’interdire à Radio-Canada d’emprunter du financement pour éponger un déficit résultant d’une baisse des revenus de publicité. Plusieurs services ont été coupés et des centaines de mises à pied ont eu lieu après que le gouvernement ait pris cette décision.
« Le CRTC et les conservateurs semblent travailler ensemble pour affaiblir la SRC. D’un côté, le gouvernement s’attend à ce que Radio-Canada opère comme un télédiffuseur privé, mais de l’autre le CRTC ne lui permet pas de concurrencer le privé de façon équitable. Ce n’est pas logique ».
Brian Masse (Windsor-Ouest), porte-parole du NPD en matière d’industrie, précise que la décision du CRTC ne permettra aucunement de protéger le contenu canadien ou la programmation locale sur des réseaux privés.
« M. Von Finckenstein donne le feu vert aux grands câblodistributeurs et aux télédiffuseurs privés de négocier derrière des portes closes. Pourquoi le CRTC ne protège-t-il pas l’intérêt public en insistant pour que ces joueurs présentent ouvertement et de façon transparente leurs objectifs, leurs engagements ainsi que leurs investissements ? ».
« Il existe des pistes de solution qui permettraient aux câblodistributeurs et télédiffuseurs de générer des profits tout en diffusant davantage de contenu canadien, donc en créant des emplois pour les artistes et les créateurs de chez nous », a déclaré Charlie Angus. « Nous aurions ainsi un secteur de télédiffusion durable tant dans le privé que dans le public. Malheureusement, ces pistes de solution n’ont pas été explorées par le CRTC ».