Merci beaucoup.
Vous savez, j’ai appris ce matin que Don Drummond est un social-démocrate : il faut réformer l’assurance-emploi, aider les Canadiens à faible revenu, rénover les édifices.
Je vais lui demander de se présenter sous la bannière du NPD lors de la prochaine élection!
Imaginez le capitaine d’un navire, qui quitte le port sous un ciel bleu.
Il vérifie les prévisions, mais il ne veut pas y croire.
Certaines personnes qui viennent d’arriver au port préviennent que la mer est agitée à l’horizon.
Certains navires ont coulé, ils disent.
Mais ce capitaine ne touche pas aux cartes de navigation. Il déploie les voiles.
Il connaît le chemin : c’est le même chemin qu’il a toujours suivi, et personne ne peut lui dire le contraire!
Une tempête commence à se former.
Le capitaine n’y prête aucune attention.
Mais les membres de l’équipage sont mal à l’aise. Ils demandent au capitaine de changer de cap.
Il fait fi de leurs conseils, en leur disant que le ciel est bleu et que les nuages sont loin.
Mais tout à coup, les nuages s’approchent.
La tempête commence : un vent terrible arrache les voiles, des vagues puissantes inondent le pont.
Le capitaine est pris de panique. Il tourne la barre à droite et à gauche furieusement, alors que le navire est ballotté par les vagues.
L’équipage essaie de prendre la barre, mais le capitaine refuse. Il dirige le navire vers le centre de la tempête.
Enfin, le navire est sur le point de sombrer. L’équipage est déterminé à prendre la barre, à travailler ensemble pour traverser la tempête. Tout le monde veut mettre l’épaule à la roue, quel que soit leur grade ou leur rôle.
C’est seulement à ce moment que le capitaine cède. Il promet d’examiner les cartes de navigation et de revenir le lendemain avec un nouveau plan.
Les membres de l’équipage devraient-ils lui faire confiance?
Devraient-ils croire que le capitaine les aidera réellement à traverser la tempête en toute sécurité? Ils pensent aux conséquences pour leurs familles.
Nous traversons cette tempête en ce moment, mes amis.
Et ce capitaine, c’est Stephen Harper.
Celui qui n’a pas lu les cartes de navigation, qui n’a pas vu les signes d’une tempête à l’horizon, qui a refusé de prendre le bon chemin lorsque la tempête a frappé.
Il refusait d’agir jusqu’à ce qu’on lui force la main.
Maintenant, il prétend vouloir faire ce qu’il faut pour traverser la tempête.
Les Canadiens peuvent-ils faire confiance à quelqu’un qui se comporte de la sorte?
Nous devons nous demander quelle est la route à suivre pour permettre au Canada de traverser cette crise économique.
Et nous devons nous demander comment suivre cette route, comment s’assurer que nous traverserons la crise rapidement.
Avant que notre économie soit en crise, on pouvait voir les nuages poindre à l’horizon. Mais il fallait vouloir voir, ce que Stephen Harper refusait de faire.
Nos exportations minières et pétrolières ont créé un boum des ressources, mais les fondements de notre économie, comme l’industrie manufacturière et le secteur du bois d’œuvre, étaient profondément en déclin.
Les profits des grandes entreprises ont battu des records, mais il n’y a jamais eu autant d’enfants vivant dans la pauvreté.
Notre productivité – le moteur de notre prospérité – était en chute libre pour la première fois depuis 50 ans.
Les affaires et la recherche et le développement étaient faibles.
Les solutions concernant l’énergie renouvelable étaient étouffées.
Et puis la crise du crédit a frappé.
La bourse a chuté : les marchés ont perdu 40 pour cent de leur valeur.
Des banques partout au monde se sont effondrées et des gouvernements ont injecté des trillions de dollars dans les marchés financiers.
M. Harper – notre capitaine inattentif – a refusé de reconnaître la menace pour les familles canadiennes.
« Les bases de l’économie canadienne sont solides », a-t-il dit… à peine quelques jours après que John Deere avait fermé son usine rentable à Welland.
En passant, les travailleurs de John Deere ont atteint un règlement positif la semaine passée. J’aimerais penser que nous avons aidé ces travailleurs à conclure une entente équitable en attirant l’attention sur cette injustice.
D’innombrables fois, j’ai demandé une réponse rapide concernant l’économie.
J’ai demandé des dépenses en infrastructures, nécessaires depuis très longtemps.
Mais en 2007, M. Flaherty a dit : « Le gouvernement du Canada ne s’occupe pas des nids-de-poule. »
Et il a refusé d’agir.
Le besoin était criant : les familles étaient déjà en difficulté. Je savais que nous ne pouvions pas attendre.
Mais M. Harper a soutenu que ces programmes de dépenses, tellement nécessaires, « mèneraient tout droit à la catastrophe ».
Bien sûr, la population canadienne a élu un autre gouvernement minoritaire, la crise s’est empirée, la récession était imminente et des gouvernements partout au monde ont pris des mesures décisives et audacieuses.
Mais, comme le capitaine de navire pris de panique, M. Harper n’avait aucun plan clair pour traverser la tempête.
On parlait de déficits, puis on promettait des excédents budgétaires.
Il y avait 25 milliards de dollars – puis 75 milliards – pour soulager la pénurie de crédit pour les banques, mais aucune règle pour s’assurer que les entreprises qui avaient besoin de crédit pouvaient y accéder.
Ensuite, la preuve ultime que le gouvernement était complètement déconnecté de la réalité économique des familles canadiennes : la mise à jour économique et financière.
Avec de faux excédents, de fausses prévisions, des attaques partisanes et la vente au rabais de biens publics.
Des mesures qui ne créeraient aucun emploi, ne protégeraient aucune pension.
Seule la possibilité soudaine de perdre son propre emploi a poussé M. Harper à agir.
Seule l’action unie des partis de l’opposition lui a forcé la main.
Il a verrouillé les portes du Parlement pour gagner du temps.
Et maintenant, on improvise! On invente des promesses.
Mais bien sûr, M. Harper continue d’aller de l’avant avec ses réductions d’impôt, sa stratégie idéologique qui ne marche pas depuis qu’il est là.
Mais il y a des choses qu’on ne pensait pas entendre. C’est difficile à croire!
M. Harper a toujours cru qu’il ne fallait pas aider l’industrie de l’automobile. Mais il promet maintenant des milliards!
M. Harper a toujours cru que les secteurs en difficulté devaient s’aider eux-mêmes. Mais maintenant il veut aider l’industrie forestière!
M. Harper a toujours cru qu’investir dans les infrastructures, ce n’était pas nécessaire. Maintenant, il promet des investissements massifs.
M. Harper a toujours dit que les banques savaient ce qu’elles faisaient. Mais il met maintenant de la pression pour un meilleur accès au crédit.
Mais nous savons tous que Stephen Harper ne croit pas en ses promesses.
Et comment faire confiance à quelqu’un qui ne croit même pas ce qu’il dit?
Comment pouvons-nous croire que Stephen Harper joindra le geste à la parole?
Et croire qu’il agira avec intégrité, sincérité et le désir de mener à bien toutes ces initiatives?
Parce que ce n’est pas seulement la promesse de dépenser qui compte, c’est la façon dont ces dépenses seront accordées.
Prenons comme exemple Chantiers Canada, où les fonds promis il y a des années ne sont toujours pas débloqués.
Le ministre des Infrastructures, John Baird, prétend que des règles environnementales font obstacle dans ce dossier. Quelle solution suggère-t-il donc?
Laissons tomber les règles qui protègent nos voies d’eau, notre air, nos terres, dit-il.
En fait, le retard est causé par des approbations triples et des chinoiseries administratives.
Tout d’abord, il faut épuiser toute possibilité de partenariat public-privé.
Mais les PPP nécessitent du capital.
Et la pénurie de capital privé est l’un des problèmes les plus graves dans notre économie.
Voilà pourquoi les fonds n’ont pas encore été débloqués pour la nouvelle installation de soins de longue durée pour la Nation des Oneidas de la Thames.
Même le ministère des Finances veut leur accorder des fonds, mais les règles des conservateurs retardent la transaction!
Après tout cela, les Canadiens peuvent-ils courir le risque de donner un chèque en blanc à M. Harper?
Les familles d’un bout du pays à l’autre souffrent déjà de l’inaction de M. Harper.
Plus de 100 000 emplois ont disparu depuis deux mois. C’est la pire perte d’emploi depuis 1982.
Nortel fait faillite. Bell a congédié des centaines de cadres moyens à Halifax. Des développeurs de logiciels à Vancouver ont été mis à pied.
D’autres fabricants de pièces d’automobile mettent la clé sous la porte chaque semaine.
Des villages mono-industriels en Colombie-Britannique, en Ontario et au Québec sont au bout du rouleau.
Un travailleur forestier en Colombie-Britannique a été mis à pied il n’y a pas longtemps.
Il a épuisé ses prestations d’assurance-emploi, mais il n’est pas admissible à l’aide sociale parce qu’il serait tenu de vendre le camion dont il a besoin pour se trouver un emploi!
D’autres personnes qui viennent de perdre leur emploi doivent attendre un mois avant de toucher leur premier chèque d’assurance-emploi, même s’ils ont cotisé à l’assurance-emploi pendant des années.
Le taux de faillite des particuliers a augmenté de 23 pour cent en octobre par rapport au même mois l’année précédente.
Beaucoup de familles perdent leurs maisons. Et selon la Banque du Canada, il y a beaucoup d’autres forclusions d’hypothèques à venir.
Les fonds de pension ont été dévastés.
Les épargnes de retraite, souvent sous forme d’actions et de fonds de placement, ont été décimées.
Trop de travailleurs canadiens ne peuvent pas accéder à l’aide dont ils ont besoin au moment où ils en ont besoin.
Helen’s Delicatessen est une entreprise familiale qui sert des repas santé aux résidents de St. Catherine’s depuis plus de 40 ans.
Mais, pour la première fois, ils sont obligés de mettre à pied un employé aimé.
La dévastation économique dans la communauté est un coup dur pour les petites entreprises. Les gens n’ont plus les moyens de s’acheter un dîner à leur deli préféré.
Comme vous pouvez le constater, cette récession ne touche pas seulement GM ou Chrysler ou des scieries en Colombie-Britannique. Les communautés et les entreprises partout en sont touchées.
C’est pourquoi nous n’avons pas de temps à perdre avec des politiques ratées, d’autres erreurs, plus de mauvaise gestion économique.
Ce qui m’amène à ma deuxième question : quel chemin à suivre? Que devons-nous faire pour veiller au rétablissement de notre économie?
La première étape est de protéger les familles canadiennes.
Donc, à tous ceux qui font face à des mises à pied et à des fermetures alors que les entreprises essaient en vain de trouver des fonds, je dis qu’il faut exercer des pressions sur les banques pour offrir du crédit et des garanties de prêt lorsque cela est nécessaire.
À ceux qui ont déjà perdu leur emploi, je dis que nous devons réformer l’assurance-emploi, créer des programmes de recyclage et de formation, trouver des manières de vous remettre au boulot.
À ceux qui sont inquiets devant un avenir incertain, je dis que nous appuierons votre famille avec un meilleur système de garderies et une éducation plus abordable.
À ceux qui voient leurs pensions et leurs épargnes disparaître, je dis que nous travaillerons pour protéger vos pensions et améliorer les suppléments de revenus.
À ceux qui se sentent abandonnés, je dis que maintenant, plus que jamais, nous devons briser le cercle vicieux de la pauvreté.
Et à tous ceux qui veulent s’exprimer sur la marche à suivre, qui ont des idées pour aider notre économie, je veux vous dire : je suis à l’écoute. Les néo-démocrates sont à l’écoute.
Depuis que M. Harper a fermé les portes du Parlement, j’ai voyagé partout au Canada pour que les gens me parlent de l’économie.
J’ai visité London, Vancouver, St. John’s et, bien sûr, ma circonscription de Toronto-Danforth.
J’ai rencontré des maires, des leaders du monde des affaires et des chefs syndicaux.
On me donne toujours de très bonnes idées sur la marche à suivre pour créer des emplois et protéger les familles.
Chaque membre de notre caucus a écouté les vues de ses propres électeurs.
Voici ce qu’on nous dit :
Il faut stimuler l’économie à l’aide de dépenses ciblées pour les infrastructures, l’énergie renouvelable et le logement abordable.
Car, lorsqu’il est question de la création d’emplois, les dépenses en infrastructures sont plus efficaces que les réductions d’impôt.
Un milliard de dollars en réductions d’impôt créent environ 7000 emplois.
Le même montant consacré aux infrastructures en crée 16 000 et augmente le PIB de presque 2 milliards de dollars.
C’est pourquoi, lorsque nous essayons de stimuler l’économie, des réductions d’impôt plus radicales sont moins efficaces que les dépenses en infrastructures.
J’ai travaillé à des projets municipaux pendant des années et je crois que de nombreuses solutions doivent commencer à l’échelle locale.
Il y a déjà plus de mille projets prêts à passer à l’étape de la construction qui n’attendent que le financement nécessaire.
Ces projets pourront créer un emploi pour plus de 100 000 Canadiens en 2009.
Et là, on parle seulement des infrastructures municipales. On peut créer encore plus d’emplois aux niveaux provincial et fédéral.
En plus de ces investissements dans les infrastructures, nous devons bâtir plus de logements sociaux et abordables.
Parce qu’on parle présentement de 12 000 sans-abri à Montréal.
Et dix fois plus que ça sur des listes d’attente pour un logement abordable en Ontario.
Dans un pays comme le Canada, ça ne devrait pas exister. Mais au-delà des considérations morales ou de justice sociale...
La construction de logements sociaux est un excellent outil de développement économique.
On peut créer des milliers d’emplois dans le domaine de la construction. Et créer des marchés pour notre industrie du bois d’œuvre en même temps.
On parle de millions de dollars injectés dans nos économies locales.
Cela réduirait la pression inflationniste sur le coût des loyers. Les familles pourraient mieux dépenser leur argent – sur la nourriture, sur les vêtements pour les enfants.
Et on peut construire ces logements pour qu’ils soient efficaces au niveau énergétique.
Permettez-moi de vous lire quelques mots du militant américain pour une économie verte, Van Jones :
« Il faut améliorer l’efficacité énergétique de tous les édifices dans ce pays, littéralement.
« On pourrait mettre tout le monde au travail avec des marteaux et des clous et une isolation verte et propre.
« Il y a une façon de sortir de cette récession.
« Il y a une façon de vaincre les changements climatiques.
« Il y a une façon d’éliminer la pauvreté.
« Ça s’appelle la nouvelle donne verte. »
Je pense que c’est le chemin que nous devons suivre, nous aussi.
Investir dans le Canada, dans notre population et dans nos infrastructures.
Ce qui m’amène à la troisième et dernière question que j’ai posée.
Comment faire pour emprunter le bon chemin?
Demain aux États-Unis, Barack Obama sera assermenté à titre de 44e président. Ce sera le début d’une nouvelle époque.
Une époque d’espoir, d’optimisme, de détermination pour prendre des décisions audacieuses.
Face aux changements climatiques. Pour un nouvel avenir énergétique. Pour un nouvel engagement envers la justice.
Demain au Canada, les gens chercheront de l’espoir aussi.
Stephen Harper n’a pas fait grand-chose pour donner de l’espoir aux Canadiens.
Et je ne pense pas que cela va changer.
Je ne pense pas non plus que ce gouvernement veillera à la sécurité des Canadiens, qu’il relancera l’économie, qu’il bâtira un avenir meilleur.
Mais il y a une alternative claire à Stephen Harper. L’alternative de la coalition.
Des gens qui sont prêts à mettre de côté leurs différences pour relancer l’économie, pour créer des emplois, pour aider les familles, pour faire ce qu’il y a à faire.
Mais la coalition ne sera en place que si, et seulement si, les partis d’opposition prennent une position courageuse : celle de se tenir debout contre Stephen Harper.
Et si le Parti libéral décide d’appuyer le budget de Stephen Harper, ils doivent savoir ceci : ils devront le faire tout seuls. Et porter l’odieux de garder au pouvoir ce gouvernement en qui on ne peut pas avoir confiance.
Le NPD respectera ses principes.
Nous n’avons jamais oublié qui nous sommes, ni les gens que nous représentons.
Lorsque la tempête fait rage, nous nous serrons les coudes.
Lorsque le ciel bleu nous semble loin, nous avons de l’espoir.
Nous empruntons le bon chemin.
Mes amis, nous traversons une période difficile et nouvelle au Canada.
C’est une période exigeante pour les Canadiens. Et les Canadiens nous demandent d’être à la hauteur.
Nous avons besoin de nouvelles idées fondées sur notre croyance immuable que ce n’est pas trop tard pour créer un monde meilleur.
Tommy Douglas a dit que nous avions besoin de courage pour le faire. Il avait raison.
Quelqu’un a dit : « Un homme courageux est une majorité. »
C’est-à-dire que si nous avons du courage, nous ne sommes jamais seuls.
Je demande donc aux femmes et aux hommes courageux dans cette salle et partout au Canada d’unir leurs forces.
Parce que je crois qu’ensemble, nous pouvons emprunter le bon chemin au Canada.
Et je crois que si nous suivons ce chemin, si nous pensons toujours à ceux qui ont le plus besoin de nous, nous traverserons cette tempête avec succès et nous retrouverons des eaux plus calmes.
Nous aurons besoin de courage et de détermination.
Mais nous réussirons.
Merci beaucoup.