OTTAWA- Même si le gouvernement Harper peut temporairement se soustraire des travaux du Parlement, il ne peut plus contourner les lois sur l’environnement qui protègent nos écosystèmes pour promouvoir des projets industriels.
Aujourd’hui, la Cour suprême du Canada a sévèrement critiqué le gouvernement canadien pour avoir transgressé ses propres lois en évitant d’effectuer une évaluation environnementale complète du projet de mine d’or et de cuivre Red Chris près de Iskut en Colombie-Britannique. Afin d’éviter tout débat public, le gouvernement a exclu la mine du processus de révision et n’a demandé qu’un examen sommaire de quelques éléments du projet.
« Le gouvernement Harper a constamment démontré son mépris pour le processus d’évaluation environnemental », a indiqué Nathan Cullen (Skeena – Buckley Valley), porte-parole du NPD en matière de ressources naturelles. « Ils ne croient pas que le public devrait avoir son mot à dire sur la façon dont nous développons nos projets majeurs. Je suis heureux de savoir que la Cour suprême n’est pas du même avis qu’eux. »
Les compagnies et les collectivités à travers le pays ont longtemps été frustrées par l’incertitude créée par un gouvernement fédéral qui choisit quand les lois doivent être appliquées et quand elles doivent être ignorées.
« Une bonne part de l’industrie a souffert du fait qu’elle devrait deviner quels règlements allaient s’appliquer à leur projet », a ajouté M. Cullen, « et les collectivités ont appris qu’elles ne pouvaient plus se fier au gouvernement quand vient le temps d’examiner les projets qui pourraient avoir de sévères conséquences sur leur environnement. »
« Félicitations à Mines alertes et Écojustice pour avoir amené ce dossier devant la Cour suprême » a déclaré Linda Duncan (Edmonton-Strathcona), porte-parole du NPD en matière d’environnement. « Cette décision créée un important précédent et indique au gouvernement qu’il a la responsabilité d’appliquer les lois environnementales. »
« Le ministre de l’Environnement, Jim Prentice, a cité son projet de loi pour prouver que le gouvernement conservateur s’était engagé à appliquer les pouvoirs fédéraux pour protéger l’environnement. Voici une preuve que ce n’était pas du tout leur intention », a ajouté Mme Duncan. « Les collectivités canadiennes doivent rester vigilantes et obliger le gouvernement à appliquer la loi. »
Même si cette décision est une victoire importante, le gouvernement risque encore d’aller à l’encontre de notre développement durable. Mme Duncan invitera la population à s’impliquer dans la révision de la loi fédérale sur les évaluations environnementales en comité.
« Je ne serais pas surpris de voir Stephen Harper essayer de changer la loi maintenant que la Cour suprême lui a dit qu’il ne pouvait plus utiliser la porte arrière », a déclaré M. Cullen. « Les bonnes compagnies minières sont capables d’opérer à travers notre cadre réglementaire. Stephen Harper, quant à lui, préfère essayer d’attirer des investisseurs en affaiblissant nos lois et en dégradant notre planète. »