OTTAWA – Le porte-parole du NPD en matière de coopération internationale, John Rafferty (Thunder Bay—Rainy River), affirme que la hausse de l’aide bilatérale à 26 pays particulièrement vulnérables réclamée cette semaine par le Fonds monétaire international (FMI) montre une fois de plus que les récentes coupures des programmes d’aide bilatérale annoncées par l’Agence canadienne de développement international (ACDI) sont aberrantes et que le gouvernement de Stephen Harper va encore une fois à contre-courant du reste du monde sur une question importante.
« Le gouvernement Harper a toujours été déphasé par rapport au reste du monde sur divers enjeux, et nous pouvons maintenant ajouter l’aide aux pays en développement à la liste des échecs en matière de politique étrangère, qui ne cesse de s’allonger », a déclaré M. Rafferty. « Stephen Harper réduit les budgets de très nombreux programmes importants destinés à ces pays particulièrement vulnérables. Ces programmes auraient permis à des hommes et à des femmes de continuer de travailler, à des enfants de fréquenter l’école, et à des familles de se nourrir pendant l’actuelle crise économique mondiale. Les Canadiens devraient être révoltés par ces réductions et par le fait que notre pays ferme maintenant les yeux sur les besoins d’innombrables personnes qui comptent sur notre aide ».
Le directeur général du FMI, Dominique Strauss-Kahn, a déclaré dans un communiqué de cette organisation que « les bailleurs de fonds bilatéraux doivent veiller à ce que les flux d'aide soient revus à la hausse et non à la baisse ». M. Strauss-Kahn lançait un appel aux pays donateurs, comme le Canada, qui ont toujours versé une aide directe à 26 pays qu’il qualifie de « particulièrement vulnérables ». La semaine dernière, Bev Oda, ministre de la Coopération internationale, a annoncé que l’ACDI remaniait en profondeur la répartition de l’aide et maintenait l’aide bilatérale à seulement 20 pays « prioritaires ». La nouvelle politique d’aide bilatérale de l’ACDI entraînera l’élimination du financement de projets dans dix pays jugés « particulièrement vulnérables » par le FMI, c’est-à-dire le Burundi, la Côte d’Ivoire, le Laos, le Lesotho, le Liberia, la Mongolie, le Nigeria, la République centrafricaine, le Tadjikistan et la Zambie.
« La semaine dernière, la ministre a allégué que ces coupures de l’aide bilatérale accroîtraient l’efficacité des programmes d’aide du Canada. Comment peut-elle faire de telles affirmations au moment même où le FMI dit exactement le contraire? » a demandé M. Rafferty. « Le rapport publié aujourd’hui par le FMI et la demande d’accroissement de l’aide bilatérale confirment que la ministre et le gouvernement tournent une fois de plus le dos aux populations les plus vulnérables ».
Pays mentionnés dans la liste des pays en développement « particulièrement vulnérables » établie par le FMI et qui n’auront plus droit à l’aide bilatérale de l’ACDI :
Albanie, Angola, Arménie, Burundi, Côte d’Ivoire, Djibouti, Lesotho, Liberia, Mauritanie, Moldavie, Mongolie, Nigeria, Papouasie-Nouvelle-Guinée, République centrafricaine, République démocratique du Congo, République kirghize, République populaire démocratique du Laos, Sainte-Lucie, Saint-Vincent-et-Les Grenadines, le Tadjikistan et la Zambie.