NPD
Discours
Jack Layton fait connaître ses attentes relativements au discours du Trône
Je suis très heureux d’être ici avec vous aujourd’hui.
Je sais qu’il y a beaucoup d’incertitude au Canada en ce moment.
Et je sais que beaucoup de Canadiens s’inquiètent de leur avenir et de l’avenir de leurs enfants.
Je sais que vous avez besoin de leaders qui se rangent de votre côté.
Alors, j’aimerais commencer en rendant hommage à quelqu’un qui s’est toujours rangé de votre côté :
Howard Hampton.
Après douze années de service exceptionnel pour le NPD de l’Ontario, son leadership nous manquera.
Comme chef de parti moi aussi, je comprends les sacrifices que cela entraîne.
Et je sais que sa femme – notre amie – Shelly Martel, et leurs enfants Jonathon et Sarah, seront heureux de le retrouver.
Les gens de Kenora-Rainy River seront heureux eux aussi, parce que Howard continuera de défendre leurs priorités concernant la foresterie, la justice pour les Premières nations et beaucoup plus.
Joignez-vous à moi en remerciant Howard Hampton – un grand néo-démocrate!
Les Canadiens ont fait des progrès vers le changement le 14 octobre dernier.
Le NPD a remporté 37 sièges, le deuxième plus grand caucus de notre histoire!
Et c’est grâce à vous!
Le NPD de l’Ontario et Howard Hampton–
Les bénévoles, les membres du parti, les candidats – c’est grâce à vous que nous sommes ici.
Vous n’avez ménagé aucun effort.
Vous avez frappé aux portes, vous avez téléphoné aux gens–
Vous avez transmis notre message à la population de l’Ontario.
Et les Ontariens ont répondu.
On a fait un raz-de-marée dans le Nord de l’Ontario : sept sièges sur dix!
Le plus grand caucus ontarien de notre histoire!
Dix-sept députés, représentant les quatre coins de cette province–
De Thunder Bay à Ottawa Centre, de Welland à Sudbury, d’Algoma à Timmins – Baie James.
Un caucus ontarien qui mettra vos priorités au premier plan.
Nous comptons le pourcentage le plus élevé de femmes de tous les caucus, encore une fois.
Nous avons fait des percées historiques au Québec, en Alberta et à Terre-Neuve-et-Labrador.
Maintenant, il faut obtenir des résultats pour les familles d’aujourd’hui.
Les Canadiens n’ont pas donné à monsieur Harper la majorité qu’il cherchait : plus de gens ont voté contre lui que pour lui.
Il faut que monsieur Harper respecte la volonté de la population, et qu’il travaille avec les autres partis pour gouverner dans l’intérêt de tous les Canadiens.
Parce qu’il y aura de grands défis dans ce nouveau Parlement minoritaire :
La crise financière mondiale.
Le ralentissement de l’économie canadienne.
La décimation des secteurs manufacturier et forestier.
Les changements climatiques.
Et un besoin criant d’investir dans notre avenir.
Compte tenu des réalités actuelles, il est essentiel que ce Parlement minoritaire fonctionne mieux que le dernier.
Ici en Ontario, de dures réalités économiques se font déjà sentir.
Des pertes radicales aux marchés boursiers : une baisse de 35 pour cent du Groupe TSX depuis le mois de juin, d’une valeur de 600 milliards de dollars. Et ce n’est que la pointe de l’iceberg.
Le premier ministre McGuinty aura un déficit budgétaire de 500 millions de dollars cette année.
Pour la première fois, l’Ontario est une province « moins bien nantie ».
Les emplois bien rémunérés dans les secteurs manufacturier et forestier disparaissent : plus de 250 000 emplois ont disparu en Ontario depuis 2002.
Cela fait mal à trop de familles.
Trop d’hommes et de femmes ont de mauvaises nouvelles à annoncer à leur famille le soir.
Maintenant, nos secteurs forestier et manufacturier n’ont pas accès au capital à court terme dont ils ont besoin, plus d’entreprises sont en difficulté, et plus d’emplois risquent d’être supprimés.
Voilà les répercussions réelles du jargon financier comme des pénuries de liquidité, des risques systémiques et des titres garantis par des créances.
La véritable économie souffre parce qu’un système intenable de crédit et d’endettement est tombé à l’eau.
Ces dégâts sont à l’origine de la crise financière mondiale.
À l’échelle mondiale, l’aide financière aux banques a déjà coûté 582 $CAN pour chaque personne au monde.
Selon le FMI, les principales économies avancées sont déjà en récession, ou près de la récession.
Des leaders partout au monde–
Nicolas Sarkozy, Gordon Brown, Barack Obama–
Ont déclaré que c’est la fin de l’ère du marché libre capitaliste sans entraves.
La vérité saute aux yeux : les marchés peuvent créer la prospérité, mais ils ne peuvent pas le faire seuls.
Il nous faut une réglementation plus efficace, une surveillance plus forte et plus de transparence – et cette réglementation doit tenir compte de la nature mondiale des transactions financières.
Le Canada a l’occasion d’être un chef de file dans le redéveloppement du système financier mondial. Nos banques s’en sont sorties mieux que d’autres.
Nous devons chercher une solution mondiale qui protègera les gens, non seulement les banques.
Et chez nous, il faut que les transactions bancaires soient plus justes et plus transparentes pour les consommateurs.
Par contre, le système financier ne devrait pas être notre seule préoccupation.
On a trouvé 582 $ par personne pour aider les banques, donc qu’est-ce qui nous empêche d’investir dans la véritable économie, là où nous en avons désespérément besoin?
Dans les soins de santé, les garderies et les changements climatiques?
Le gouvernement n’a pas besoin de choisir entre la gestion de crise et une attitude laissez-faire concernant les marchés.
Maintenant plus que jamais, nous demandons à monsieur Harper d’adopter une approche plus progressiste – de mettre les priorités des familles au premier plan, et de faire passer la productivité avant les profits records.
Le génie financier et l’exportation des ressources non transformées ne forment pas la base solide d’un avenir solide.
Le problème, c’est que nous devenons moins efficaces en ce qui concerne la production de biens et de services.
Pour la première fois depuis 50 ans, un premier ministre canadien a permis à la productivité de diminuer pendant son mandat.
La productivité de notre main-d'œuvre est le véritable moteur de la croissance économique.
C’est cela qui favorise le développement de la véritable économie pour les familles d’aujourd’hui.
C’est pourquoi nous avons besoin d’un plan pratique et efficace pour stimuler la véritable économie.
Il nous faut des solutions à court terme pour minimiser les effets de la crise pour les familles canadiennes.
Et des solutions à long terme pour que notre économie soit solide, diversifiée et durable au 21e siècle.
C’est pourquoi je demande au premier ministre de passer à l’action dès maintenant.
D’éveiller l’esprit travailleur du Canada.
La force et la détermination, l’innovation et le courage qui nous font avancer pourront nous faire avancer encore plus.
Aujourd’hui, j’aimerais présenter les attentes du NPD concernant le discours du Trône du premier ministre Harper.
Il faut des mesures immédiates concernant l’économie, les pensions, les changements climatiques et la réforme démocratique pour que le gouvernement minoritaire soit efficace.
Le Canada ne peut pas se permettre d’attendre.
D’abord, je demande au premier ministre d’annuler la réduction d’impôt pour les grandes entreprises prévue pour 2009.
Cette réduction d’impôt sans conditions ne fera rien pour stimuler l’économie et ne créera pas de nouveaux emplois.
Il faut que monsieur Harper utilise cet argent à bon escient.
Voilà pourquoi notre deuxième priorité est un plan pour stimuler l’économie et créer des emplois.
On peut créer des emplois à court terme en améliorant l’efficacité énergétique des maisons et des édifices, en élargissant les parcs éoliens et en investissant dans les transports en commun.
Il nous faut des investissements stratégiques dans la nouvelle économie énergétique, des incitations plus importantes pour la recherche et le développement et la création d’emplois.
Il nous faut des investissements dans les infrastructures pour réparer nos routes et nos ponts qui tombent en ruines, pour faire construire des logements abordables et améliorer la base de nos technologies de communication.
Il nous faut une stratégie nationale en matière de formation, avant que la pénurie des compétences paralyse notre économie encore plus.
Alors, monsieur Harper doit prendre l’apprentissage au sérieux aussi.
On peut doter le Canada des compétences nécessaires pour l’avenir, créer des milliers d’emplois maintenant et beaucoup plus à long terme.
Cette nouvelle impulsion a besoin de mesures directes pour protéger les emplois bien rémunérés :
Des garanties de crédit pour les entreprises viables dans le cadre de stratégies sectorielles pour aider l’industrie à survivre à la crise financière.
Finies les réductions d’impôts accordées aux entreprises qui sous-traitent ou exportent les emplois à l’étranger.
Et il faut que monsieur Harper réforme l’assurance-emploi pour que les travailleurs aient accès à l’aide dont ils ont besoin pour se remettre sur pied.
Troisièmement, il faut que le premier ministre Harper protège les pensions des travailleurs canadiens.
Depuis des années, on nous disait que le chemin vers la prospérité était des REER investis dans les marchés boursiers.
L’effondrement de ces marchés a dévoilé ce mensonge de façon brutale.
Les REER ont perdu 100 millions de dollars depuis le mois de mars, selon le CTC.
Les personnes âgées, qui ont déjà tant sacrifié pour ce pays, ont vu une grande partie de leurs économies durement gagnées disparaître.
Et on peut s’attendre à d’autres mauvaises nouvelles lorsque le rapport sur le Régime de pensions du Canada sera diffusé en février.
Nous voulons que monsieur Harper prenne des mesures efficaces pour permettre aux Canadiens de mieux dormir le soir, sachant que leur retraite est sécuritaire.
Il faut développer une assurance pour les pensions en consultation avec les entreprises, les syndicats, les provinces et les territoires.
Il faut prendre des mesures pour veiller au traitement équitable et à la protection des personnes âgées, leurs REER et leurs FERR pendant cette période d’incertitude.
Il faut adopter des règlements pour maîtriser les coûts administratifs excessifs.
Et il faut que les travailleurs et leurs pensions soient la priorité lorsque les entreprises font faillite.
Quatrièmement, il faut que monsieur Harper prenne des mesures légitimes et efficaces pour combattre les changements climatiques.
Ne croyez pas le battage publicitaire–
Monsieur Harper ne s’est pas encore engagé à combattre les changements climatiques comme il se doit.
Nous voulons qu’il laisse tomber son programme inefficace axé sur l’intensité.
Et qu’il adopte un marché du carbone avec des plafonds fixes, pour faire payer les grands pollueurs.
Il faut que le gouvernement limite l’exploitation des sables bitumineux, et qu’il prenne des mesures sérieuses pour assainir l’air et l’eau, pour que nos enfants puissent respirer.
Et le cinquième point : nous voulons la réforme démocratique et un gouvernement minoritaire plus ouvert, responsable et collaboratif.
Cela signifie plus de décorum au Parlement et plus de collaboration au sein des comités de la Chambre.
Il faut que les motions de confiance soient déposées seulement lorsqu’il convient de le faire, non pas à tous les deux projets de loi présentés à la Chambre.
Il faut que le gouvernement Harper soit à l’écoute de la Chambre, et qu’il la respecte, puisqu’il s’agit de la volonté de la population.
Et il faut entreprendre la réforme électorale, y compris l’adoption de la représentation proportionnelle.
Pour la troisième fois de suite, un gouvernement minoritaire a été formé avec moins de 38 pour cent des votes.
La majorité des Canadiens continuent de voter contre les gouvernements avec lesquels ils se retrouvent.
Mardi soir, 52 pour cent des Américains ont voté pour le changement.
Ils ont élu Barack Obama à la présidence des États-Unis.
Ils ont choisi un changement historique, et c’est cela qu’ils auront.
Soixante-deux pour cent des gens ici ont voté pour le changement.
Mais ce n’est pas cela qu’ils auront.
Les Canadiens méritent mieux.
Nous pouvons survivre à cette crise économique–
Et bâtir un Canada meilleur.
C’est le moment de faire des changements audacieux, de reconnaître que le 21e siècle est nouveau et différent, et que les vieilles approches du 20e siècle ne s’appliquent plus.
Il faut que monsieur Harper présente une solution intégrée.
Une solution qui vise à stimuler la véritable économie et à protéger les familles, non pas seulement à consolider les marchés boursiers.
Nous avons beaucoup de travail à faire.
Nous voulons que M. Harper travaille avec tous les partis pour obtenir des résultats.
Le NPD fera sentir sa présence en défendant les emplois, les économies, les pensions et les maisons.
Nous serons la véritable opposition.
Nous nous battrons pour les priorités des familles d’aujourd’hui.
Pour plus de médecins de famille.
Pour des garderies et des médicaments sur ordonnance abordables.
Pour une meilleure protection des consommateurs.
Et pour transformer les excuses pour les pensionnats en mesures concrètes.
Pendant des périodes d’incertitude économique, le NPD n’a jamais oublié ceux qui sont le moteur de la véritable économie.
On n’a jamais oublié ce qu’il faut faire.
Ni qui nous sommes, ni ceux que nous représentons.
Nous survivrons à cette crise comme nous l’avons toujours fait : en nous serrant les coudes et en mettant les priorités des familles au premier plan.
Nous avons le pouvoir de changer les choses.
















