OTTAWA – Un an après que le Parlement ait voté pour obtenir les documents en lien avec la torture des détenus afghans, Jack Layton invite ses homologues des autres partis d’opposition à laisser tomber leur tentative ratée pour faire divulguer les documents et à insister dorénavant pour la tenue d’une enquête publique.
« Stephen Harper a fait tout ce qui était en son pouvoir pour cacher ce que son gouvernement savait sur le traitement des détenus afghans. Maintenant, il recommence à faire la même chose avec l’aide des libéraux et du Bloc », a affirmé Layton en conférence de presse. « M. Ignatieff, M. Duceppe, mettez fin à ce cirque dès aujourd’hui, et joignez-vous à nous pour exiger du gouvernement qu’il rende des comptes. »
En avril, le président de la Chambre a blâmé le gouvernement pour avoir ignoré le vote qui a eu lieu en décembre dernier. Cette décision a donné à Harper une date butoir pour mettre au point un processus de divulgation avec les autres partis. Les quatre partis ont conclu une entente de principe en faveur d’un plan qui trouverait un juste équilibre entre la sécurité du pays et le droit de savoir du public. Le NPD s’est retiré quand les conservateurs ont insisté pour maintenir certaines échappatoires qui permettraient au gouvernement de s’approprier le processus et d’empêcher qu’une grande variété de documents légaux et de documents en provenance du conseil des ministres puissent être rendus publics.
« Une année complète s’est écoulée depuis que le Parlement a demandé ces documents et aucun document n’a encore été rendu public. Ça va à l’encontre de la décision du président de la Chambre. Plutôt que d’exiger des comptes du gouvernement, mes collègues de l’opposition contribuent à maintenir ces documents à l’écart alors qu’ils sont au cœur de cette enquête », a souligné Jack Harris, le porte-parole du NPD en matière de défense. « S’ils n’en étaient pas convaincus il y a six mois, ils doivent certainement l’être maintenant : nous avons besoin d’une enquête publique. »
« Les allégations de tortures provoquent des remous, mais le Canada continue de transférer des détenus à la direction nationale de la sécurité dont la réputation est peu reluisante », a ajouté Paul Dewar, le porte parole du NPD en matière d’affaires étrangères. « Les Canadiens s’attendent à ce que le Parlement vérifie que le Canada respecte le droit international humanitaire, et on tente de nous en empêcher. Quand Wikileaks devient notre source principale d’information, il est évident qu’il nous faut une enquête publique. »