Cher Président,
Je me joins à tous les Canadiens pour vous souhaiter la bienvenue au Canada. Nos deux pays partagent la plus grande frontière commune du monde. Cela s’accompagne de responsabilités mutuelles et un sens du devoir uni. En travaillant ensemble, nos économies pourront sortir de cette récession plus vite, plus vertes et plus fortes, au sein d’une Amérique du nord plus prospère.
Le Canada est le principal partenaire commercial des États-Unis et l’inverse est vrai. Chaque jour, plus de 1,5 milliards de dollars en marchandises traversent nos frontières. Ceci signifie un nombre incalculable d’emplois et de communautés des deux côtés de la frontière qui comptent sur une livraison rapide des marchandises. Pour que les familles de ces régions résistent à cette tempête économique, elles doivent savoir que leurs entreprises ne seront pas frappées par de longs délais à la frontière. Il est important que votre examen et autres initiatives sur la sécurité frontalière en tienne compte.
Il est essentiel pour nos deux économies que les marchés et la frontière demeurent ouverts. L’industrie automobile nord américaine, en grande difficulté, est pleinement intégrée; par conséquent, la reprise doit être continentale. Des millions de Canadiens et d’Américains y comptent. L’occasion s’offre à nous, avec de bons investissements et de la coopération, de devenir des chefs de file mondiaux dans le secteur de construction d’automobiles plus vertes, que les gens veulent acheter.
S’en prendre à la pluie acide dans les années 1980s a été l’un des grands efforts de collaboration entre nos deux pays. Par l’entremise d’une stratégie rigoureuse et coordonnée entre le Canada et les États-Unis, l’industrie et le gouvernement ont réduit les émissions de dioxyde de soufre. Aujourd’hui, d’innombrables lacs, voies navigables et espaces verts, ont été remis en état, des deux côtés de la frontière. Le défi que notre génération doit relever est de faire de même avec les émissions de dioxyde de carbone.
Les néo-démocrates sont totalement engagés envers la mise sur pied d’un régime d’établissement du prix du carbone significatif pour réduire les émissions de gaz à effet de serre. Comme vous, nous avons fait campagne sur une politique en matière de plafonnement et d’échange, comprenant des cibles sévères pour réduire les niveaux d’émissions de dioxyde de carbone absolus. Nos deux pays doivent agir de concert pour traiter la crise environnementale et saisir l’occasion de ré-outiller et de transformer nos économies, de façon décisive et sans plus tarder.
Comme vous le souligniez, les sables bitumineux du Canada laissent une importante empreinte carbonique. Les Canadiens de toutes les régions du pays, dont l’Alberta, travaillent fort pour convaincre les législateurs aux paliers provincial et fédéral qu’ils garantissent, qu’avant que le développement des sables bitumineux ne soit autorisé, nous en connaissions toutes les répercussions environnementales et sociales afin d’avoir en main les plans pour les contrecarrer.
Nous appuyons votre demande visant à imposer un examen stratégique de la mission en Afghanistan et l’adoption d’une approche beaucoup plus exhaustive qui respecte les droits de la personne et mets le dialogue au centre d’un processus de paix exhaustif. Même si les Canadiens et leurs représentants politiques peuvent être en désaccord avec le moment de mettre fin à notre mission de combat, nous convenons tous que nous ne pouvons pas accéder favorablement à une requête visant à poursuivre la mission au-delà de 2011.
Le Canada peut vous aider à tracer une nouvelle voie en Afghanistan, mais pas avec des troupes de combat. Nos troupes ont subi le plus haut taux de mortalité, par soldat, de toutes les forces alliées en Afghanistan. Comme le faisait remarquer le major-général canadien à la retraite, Lewis MacKenzie, « la douloureuse vérité est que le Canada ne sera pas en mesure de demeurer en Afghanistan dans un rôle de combat au-delà de 2011.»
Nous applaudissons votre engagement envers les droits de la personne. Nous louons votre décision à l’effet de fermer la prison de Guantanamo Bay et nous croyons que le leadership et l’autorité morale dont vous avez fait preuve si tôt au début de votre administration est reconnue partout au monde. Nous nous sommes joints aux Canadiens qui s’inquiètent au sujet du citoyen canadien Omar Khadr. Les néo-démocrates demandent son rapatriement parce que nous croyons, que comme enfant soldat, il devrait être retourné au Canada pour y être jugé.
Je vous offre mes meilleurs vœux pour votre premier voyage officiel au Canada à titre de Président et nous espérons entretenir avec vous une solide relation de travail à l’avenir. Veuillez agréer l’expression de mes sentiments les meilleurs.
Jack Layton
Chef des néo-démocrates du Canada