OTTAWA – Olivia Chow, porte-parole du NPD en matière d’immigration (Trinity-Spadina), accuse depuis longtemps le ministre de l’Immigration, Jason Kenney, de négliger le dossier de l’immigration.
Ces accusations sont maintenant confirmées dans un rapport de vérification de la Commission de la fonction publique (CFP) récemment publié. Lors de sa vérification, la CFP a découvert que plus de la moitié des nominations effectuées à la Commission de l’immigration et du statut de réfugié du Canada (CISR) n’étaient pas fondées sur le mérite ou sur des valeurs directrices d’équité, de transparence, d’accès et de représentativité.
Environ 61 %, ou 33 nominations sur 54, n’étaient pas fondées sur le mérite, ou n’ont pas respecté les valeurs directrices, ou les deux. Plus de la moitié des nominations ont été effectuées de façon partisane et des personnes nommées ont reçu un traitement préférentiel. Les conservateurs se sont soustraits au système d’octroi de l’asile du Canada en nommant des partisans non qualifiés.
« Au lieu d’adopter une nouvelle loi, Jason Kenney devrait réparer les pots de la CISR que son gouvernement a cassés », a souligné Mme Chow. « Le retard qu’accuse la commission est attribuable à trois raisons : 1- des réductions du financement de 2006 à 2009, signifiant que la CISR a dû travailler avec 4 millions de dollars en moins, 2 - une diminution du nombre de décideurs, et 3 - les nominations partisanes. »
Le taux d’acceptation des réfugiés a diminué au Canada de 26 % entre 2000 et 2008. En 2008, 21 860 réfugiés ont été acceptés, soit le nombre le plus bas en 10 ans. Le Canada fait preuve de moins de compassion, fermant la porte aux réfugiés tout en augmentant dramatiquement le nombre de travailleurs étrangers temporaires à 364 000 en 2008.
« Notre pays a été construit grâce aux milliers de réfugiés irlandais arrivant par bateau pour fuir la famine de la pomme de terre, et grâce à plusieurs autres groupes de réfugiés et d’immigrants. Et maintenant que le gouvernement conservateur dirige le pays, les réfugiés qui veulent fuir leur pays détruit par la guerre ou qui fuient la violence et la famine sont perçus comme des resquilleurs. Les immigrants sont utilisés comme des unités économiques pour être ensuite mis à la porte. L’approche tordue et méprisante du gouvernement est indigne », a souligné Olivia Chow.