OTTAWA – Un an jour pour jour après la fin de la prorogation qui visait à empêcher l’accès aux documents en lien avec la torture des détenus afghans, le NPD dénonce le silence prévisible du comité qui devait permettre aux Canadiens d’obtenir la vérité. En effet, le comité n’a toujours pas fait son travail et les Canadiens n’ont toujours pas de réponses quant à ces allégations.
« Les conservateurs ont prorogé le Parlement pour empêcher les députés d’avoir accès aux documents, et exactement un an après la fin de la prorogation, nous en sommes toujours au point mort », a déclaré le porte-parole en matière de défense, Jack Harris (St. John’s Est). « Aucun document n’a été rendu public par le comité, comme le souhaitait les conservateurs. Le Bloc et les libéraux participent à cette mascarade et ils sont en train de tourner en ridicule la décision du président de la Chambre des communes. Alors, maintenant, quand on voit Gilles Duceppe lancer un ultimatum vide de sens, on ne peut qu’en rire. ».
Le Parlement a été forcé d’agir après que les conservateurs aient utilisés tous les trucs possibles pour éviter la publication de ces informations. En avril 2010, le président de la Chambre a blâmé le gouvernement pour avoir ignoré un vote qui avait eu lieu en décembre 2009 concernant l’accès aux documents. Dans sa décision, le Président a fait valoir que le Parlement était en droit d’obtenir les documents malgré les prétentions du gouvernement selon lesquelles ils devaient être gardés secrets. Cette décision a également donné aux conservateurs de Stephen Harper une date butoir pour mettre au point un processus de divulgation avec les autres partis.
Les quatre partis avaient conclu une entente de principe en faveur d’un plan qui trouverait un juste équilibre entre la sécurité du pays et le droit de savoir du public. Cependant, le NPD a refusé de signer l’entente après que les libéraux et le Bloc Québécois se soient entendus avec les conservateurs pour conserver certaines clauses échappatoires. Le NPD avait expliqué que ces clauses permettraient au gouvernement de s’approprier le processus et d’empêcher que des documents légaux et autres documents en provenance du conseil des ministres, nécessaires à l’étude, puissent être mis à la disposition du public et du Parlement.
Depuis ce temps, la loi de l’omerta a pris le dessus sur le processus. « Il est en train d’arriver exactement ce qu’on avait prévu », a pour sa part affirmé le porte-parole en matière d’affaires étrangères, Paul Dewar (Ottawa Centre). « Il est temps pour les libéraux et le Bloc de se rendre compte que ce comité est un échec. La seule solution pour que l’on puisse finalement connaître la vérité est d’établir une commission d’enquête publique ».
« Si on se souvient bien, le chef du Bloc Québécois avait affirmé en décembre dernier que les documents seraient rendu public dès janvier », a affirmé Yvon Godin (Acadie Bathurst). « Pourtant nous sommes rendus au mois de mars et nous n’avons toujours rien vu. Les commentaires de Duceppe ne changent absolument rien, nous risquons même d’être plongés dans une campagne électorale avant que la vérité ne sorte. Ça fait certainement l’affaire des conservateurs de Stephen Harper, mais ça ne fera pas en sorte que les Canadiens apprennent la vérité.».