En muselant certains membres conservateurs insatisfaits du travail du député Rob Anders, le premier ministre Stephen Harper a recyclé les bonnes vieilles politiques qu’il avait pourtant promis d’éliminer.
Cette fin de semaine, le Parti conservateur a pris la décision sans précédent de prendre le contrôle de l’association de circonscription de Calgary Ouest pour museler les membres conservateurs dissidents. Les gens au sein de l’association veulent démettre Anders de ses fonctions de candidat du Parti conservateur.
Faisant suite à la fermeture anti-démocratique du Parlement, M. Harper est maintenant sous les feux de la rampe pour avoir accepté de censurer des membres de son propre parti :
« Que le premier ministre traite ses adversaires politiques avec mépris fait partie de la joute politique. Mais qu’il supplante les membres de son propre parti pour avoir osé s’opposer au choix de leur représentant est une démonstration du contrôle excessif du premier ministre dans une situation ou le choix des membres devrait prévaloir… » - Traduction, Don Martin, Calgary Herald, 9 février 2010.
Ce qui rend la situation encore pire est que Stephen Harper avait promis de mettre fin à la bonne vieille façon de faire des premiers ministres libéraux qui discréditaient le travail des associations de circonscription :
« Un premier ministre dévalorise la démocratie locale quand il parachute un candidat qui va à l’encontre de la décision des membres de l’association de circonscription. » - Traduction, discours de Stephen Harper, 14 décembre 2005.
« Un gouvernement conservateur empêchera les dirigeants du parti de nommer des candidats sans le consentement démocratique des exécutifs des associations de circonscriptions. » - Programme électoral du Parti conservateur du Canada, 2006, p. 44.
De plus en plus, nous avons droit au véritable Stephen Harper. Qu’il s’agisse de chèques à l’effigie du logo conservateur, de l’obstruction partisane dans l’accès à l’information, du favoritisme dans les nominations d’emplois gouvernementaux, ou maintenant la dévalorisation de la démocratie locale, les conservateurs ne diffèrent pas des politiques désuètes déjà en place.