OTTAWA – L’industrie du lin se débat pour réparer le dommage causé à ses exportations par la contamination par le lin transgénique non approuvé. Ce problème resurgira parce qu’on approuve des cultures génétiquement modifiées sans tenir compte des règlements en vigueur sur les marchés d’exportation et des éventuelles répercussions sur le commerce, déclare le porte-parole néo-démocrate pour l’Agriculture Alex Atamanenko (Colombie-Britannique-Southern Interior).
Le projet de loi C-474 d’Atamanenko vise à combler le vide réglementaire à l’origine du rejet de livraisons de lin canadien vers l’Europe du fait de leur contamination par le lin transgénique « Triffid » non approuvé sur nos marchés d’exportation. Il exigerait, avant de permettre la vente d’une nouvelle semence transgénique, que soit menée une analyse du risque potentiel pour les marchés d’exportation. Actuellement, les semences transgéniques sont approuvées sur la foi d’évaluations environnementales et sanitaires, mais sans tenir compte des conséquences éventuelles sur nos marchés d’exportation.
Maureen Bostock du Syndicat national des cultivateurs estime le C-474 essentiel pour protéger les agriculteurs contre la diffusion de semences transgéniques non réglementées sur les marchés d’exportation. « Le dommage récemment causé à nos exportations de lin par la présence de lin transgénique fait ressortir clairement le problème », déclare Bostock. « Le gouvernement se doit de protéger les agriculteurs contre l’interruption de nos exportations et de sauvegarder ainsi les intérêts économiques de tous les Canadiens. »
« Ce projet de loi comblerait un vide béant dans la réglementation canadienne. Le gouvernement risque de causer des torts économiques aux agriculteurs en autorisant des semences transgéniques qui ne sont pas approuvées sur nos marchés d’exportation », déclare Lucy Sharratt, coordonnatrice du Réseau canadien d’action sur les biotechnologies. « Le projet de loi C-474 s’impose de toute urgence pour contrer la menace économique prévisible de la luzerne transgénique, par exemple. »
Monsanto a déjà fait approuver la luzerne transgénique et il ne lui reste plus qu’à faire enregistrer la variété avant de pouvoir le vendre légalement. « Si la luzerne transgénique est commercialisée, elle contaminera tôt ou tard la luzerne non transgénique, ce qui aura de graves conséquences économiques pour les agriculteurs qui destinent leur production aux marchés nationaux et internationaux », ajoute le porte-parole adjoint pour l’Agriculture Malcolm Allen.
Le projet de loi C-474 doit être débattu le 17 mars et sera probablement mis aux voix avant la fin du printemps.