OTTAWA – L’ironie est à son comble quand Irving Gerstein, sénateur nommé par Harper et président du conseil de financement du Parti conservateur, est chargé de revoir la stratégie de financement de son parti bien qu’il soit accusé de fraude pour avoir enfreint la loi électorale du Canada.
Gerstein, accusé d’avoir volontairement dépassé les limites de dépenses électorales en ayant recours au stratagème du « in-and-out », vient de passer l’élection de 2011 à faire campagne pour les conservateurs. Le salaire de Gerstein, et ses dépenses de déplacement dans le cadre de la campagne, ont été payés par le public.
« Pendant que les conservateurs s’attaquent aux maigres subventions accordées pour chaque vote, on dirait que leur succès en matière de financement passe par le travail partisan qu’ils financent avec des deniers publics, et possiblement par une fraude électorale », a critiqué Charlie Angus, porte-parole du NPD sur les questions d’éthique.
« Le sénateur Gerstein devrait démissionner de son poste de sénateur pour la période où il doit se défendre devant les tribunaux », a ajouté M. Angus. « Au lieu de ça, il poursuit son travail comme collecteur de fonds de son parti tout en continuant de percevoir son salaire de sénateur aux frais des contribuables. Ce n’est pas ce qu’on appelle faire le ménage à Ottawa. »
L’an dernier, Gerstein a perçu un salaire de 136 816 $ et dépensé 56 989 $ pour ses déplacements. Il a continué de recevoir son plein salaire en travaillant sur la campagne électorale de 2011.
Gerstein est un des quatre responsables conservateurs accusés dans l’affaire « in-and-out ». S’ils sont jugés coupables, ils devront payer des amendes ou même faire jusqu’à un an de prison.