15 mars 2016

Cinq choses à savoir sur la génération du millénaire et le travail précaire

Au Canada, l’écart entre les riches et les pauvres ne cesse de croître. Le travail précaire ne fait qu’aggraver la situation.

Aujourd’hui, plus de Canadiens n’ont pas de sécurité d’emploi, de pensions ou d’avantages sociaux qu’à tout autre moment pendant les 25 dernières années. Ils occupent des emplois à temps partiel, à faible salaire, à contrat, ou ils sont travailleurs autonomes.

C’est ce qu’on appelle être en situation de travail précaire. Vous vous reconnaissez là-dedans? Ce n’est pas surprenant. Entre 25 et 35 pour cent de tous les emplois comprennent une ou plusieurs caractéristiques du travail précaire.

Voici cinq choses à savoir sur le travail précaire au Canada :

  • Le poids du travail précaire repose en grande partie sur les épaules des jeunes qui sont plus susceptibles d’être obligés d’accepter un stage non rémunéré ou d’occuper un emploi à temps partiel, à terme ou à contrat. En fait, 39 % des Canadiens âgés de 15 à 29 ans occupent des emplois précaires.
  • Le travail précaire est un problème d’équité. Les taux d’emplois précaires sont plus élevés dans les groupes déjà marginalisés. C’est le cas des femmes (surtout des mères monoparentales), des communautés racisées, de nouveaux immigrants, des peuples autochtones et des personnes ayant un handicap.
  • Les conséquences du travail précaire sont exacerbées par le coût élevé des études postsecondaires. Les frais de scolarité sont 160 fois plus élevés aujourd’hui que dans les années 90. En septembre 2014, plus de 200 000 Canadiens étaient incapables de rembourser leurs prêts étudiants.
  • Les jeunes remettent à plus tard des événements importants de la vie, car ils ne peuvent tout simplement pas se les permettre. Les personnes qui occupent des emplois précaires retardent parfois le moment de fonder une famille et l’achat d’une maison. Elles ont tendance à dire que l’angoisse liée à leur emploi dérange leur vie personnelle et familiale.
  • Le travail précaire comporte également davantage de risques pour la santé et la sécurité, en raison du manque d’expérience, du manque de formation et du manque de connaissance des droits fondamentaux en matière de santé et sécurité des travailleurs précaires. S’ils dénoncent un problème relatif aux droits en matière d’emploi, ils craignent souvent de perdre leur emploi, ou même dans certains cas, de se faire expulser du pays.

Ce n’est pas surprenant que les Canadiens se sentent comme s’ils sont perdants d’avance.