Déclaration concernant le déploiement militaire canadien en Irak

Le chef de l’Opposition officielle, Thomas Mulcair, a émis la déclaration suivante aujourd’hui :

« Le débat d’urgence de ce soir sur la participation militaire canadienne en Irak doit absolument être suivi d’un vote en Chambre portant sur une motion claire qui présente les détails de l’intervention canadienne.

L’État islamique en Irak et au Levant (EIIL) représente une grave menace humanitaire et sécuritaire. Pour répondre à cette menace, il importe d’évaluer en profondeur la situation sur le terrain et de bien comprendre le rôle que le Canada devrait jouer. Jusqu’à maintenant, le gouvernement de Stephen Harper n’a même pas pu nous dire combien de militaires canadiens seraient déployés en Irak et quel serait leur rôle — des questions pourtant toutes simples.

Le refus de Stephen Harper d’obtenir un mandat clair du Parlement pour le déploiement de troupes canadiennes en Irak trahit les promesses qu’il a faites aux Canadiens par le passé.

En 2006, le programme du Parti conservateur promettait « qu’un gouvernement conservateur […] donnera au Parlement la responsabilité de superviser l’application de la politique étrangère du Canada et la participation des Forces armées canadiennes aux opérations à l’étranger ».

Dans son discours du Trône de 2007, Stephen Harper a déclaré : « […] notre gouvernement a clairement indiqué à la population canadienne et à nos alliés que tout futur déploiement militaire devrait lui aussi recevoir l'appui de la majorité des députés ».

Ces promesses  doivent être tenues.

Après une décennie de guerre en Irak et en Afghanistan, les Canadiens s’attendent à ce que leurs dirigeants traitent tout déploiement militaire potentiel avec prudence et transparence. Bon nombre de citoyens se souviennent qu’en 2003, alors qu’il était chef de l’Opposition, M. Harper avait souhaité que le Canada participe à l’intervention américaine en Irak.

Il est particulièrement préoccupant que le gouvernement soit incapable de présenter clairement les objectifs, la stratégie, les coûts et l’échéancier de cette mission. Un tel flou de la part des libéraux avait mené à près d’une décennie de dérive en Afghanistan.

M. Harper risque de répéter les mêmes erreurs en engageant le Canada dans une mission militaire en Irak, sans avoir défini clairement le mandat des membres des Forces canadiennes et sans avoir obtenu l’approbation du Parlement canadien.

Lors du débat de ce soir, les néo-démocrates tenteront d’obtenir des réponses à ces questions cruciales. Nous rappellerons également qu’il est impératif de répondre aux besoins humanitaires engendrés par ce conflit, de combattre la violence sexuelle, de veiller au respect du droit humanitaire international et d’amener les criminels de guerre devant les tribunaux. Nous demanderons, une fois de plus, au gouvernement de donner un mandat clair à la mission canadienne et de tenir un vote au Parlement.

Les Canadiens méritent mieux qu’un gouvernement qui ne peut pas — ou ne veut pas — répondre à des questions toutes simples concernant le déploiement canadien en Irak. »