14 mars 2018

Déclaration de Jagmeet Singh, chef du NPD du Canada :

Je condamne tous les actes de terrorisme partout dans le monde, peu importe qui les commet et qui en sont les victimes. Le terrorisme ne peut jamais être envisagé comme une façon de faire progresser la cause d’un groupe ou d’un autre. Le terrorisme ne mène qu’à la souffrance, à la douleur et à la mort.

Je suis depuis longtemps un défenseur de la paix et des droits de la personne, au Canada et partout sur la planète. Il est important de nommer les atrocités commises contre les droits de la personne, comme je l’ai fait pour les mettre au jour et m’assurer qu’elles ne se répéteraient pas. Le génocide des sikhs de 1984, en Inde, a été un épisode horrible lors duquel plusieurs milliers de sikhs ont été assassinés impitoyablement, tandis que des milliers d’autres ont disparu. En 2017, l’Assemblée législative de l’Ontario a reconnu comme étant un génocide ces événements ayant ciblé une minorité religieuse. Durant l’époque de la persécution, dans les années 1980 et 1990, de nombreux sikhs ont fui l’Inde et ont été acceptés au Canada comme réfugiés.

Malheureusement, la douleur et les traumatismes causés par ces événements les ont suivis hors de leur pays d’origine. Les victimes en ont été touchées jusque dans leur essence, et comme on l’a vu dans d’autres communautés ayant subi des violences similaires, de tels traumatismes sont souvent transmis d’une génération à l’autre. Une bonne part de mon travail a consisté à essayer de trouver une réponse à la question suivante : « Comment une communauté peut-elle passer à travers la douleur et les traumatismes afin d’atteindre l’acceptation, pour pouvoir ainsi en arriver à la réconciliation pacifique? » J’ai été témoin de douleur et de colère, et mon approche a toujours été de donner de l’espace à ces émotions afin de pouvoir passer au travers, mais elle n’a jamais été de tolérer les actes de violence.

Il y a quelques années, j’ai été invité à m’exprimer en tant que défenseurs des droits de la personne et à participer à un événement annuel à San Francisco, qui commémorait le génocide des sikhs de 1984. Là-bas, j’ai parlé directement de la douleur de la communauté et de mon propre cheminement pour en apprendre davantage sur mes origines. Face à la connaissance du fait que des membres de votre propre famille ont été ciblés en raison de leur identité, vous faites face à la question suivante : « Comment y réagir? » Ma réaction a été de faire mienne mon identité, de travailler encore plus fort pour les droits de la personne, et pour ne pas permettre que les voix des personnes marginalisées soient réduites au silence. C’est une leçon qui m’a aidé à faire preuve d’empathie par rapport aux difficultés des autres. J’encourage tous ceux et celles qui font face à ces questions difficiles à ne pas tomber dans le piège de la rage et de la violence, mais plutôt à adhérer à leur propre vérité et à aller de l’avant avec cœur et courage. J’admets que ce n’est pas un processus simple ou facile, mais les tentatives de simplifier à l’extrême ces expériences ne feront pas avancer la cause de la réconciliation.

Mes convictions en matière de droits de la personne incluent un principe fondamental inscrit dans le premier article de la Charte des Nations Unies, soit le respect de l’égalité des droits et de l’autodétermination. Ce n’est pas à moi de décider de l’avenir de l’Inde. Je ne suis pas ni un citoyen ni un politicien de ce pays. L’autodétermination signifie de respecter les opinions, peu importe le pays, d’un peuple quant au choix de son propre chemin. Je me consacre à bâtir un Canada meilleur, un pays où nous nous attaquons aux inégalités croissantes, où nos citoyens et nos citoyennes pourront atteindre leur plein potentiel et où personne ne sera laissé pour compte.