15 mars 2018

LE NPD à l’ONU : Des militant-es condamnent l’incarcération de masse des femmes autochtones au Canada

NEW YORK – Des panélistes, lors de la séance de la Commission de la condition de la femme des Nations Unies de ce matin, ont réitéré des demandes faites depuis des années au gouvernement du Canada, l’exhortant à tenir compte des ordonnances internationales et juridiques, et de réformer immédiatement le traitement des femmes autochtones au Canada dans les systèmes judiciaire et correctionnel.

« Les femmes autochtones représentent 2 % de la population du Canada. Pourtant, elles comptent pour 38 % de la population carcérale féminine du pays. Ce déséquilibre grotesque est une condamnation du système de justice et des prisons du Canada, a affirmé la porte-parole du NPD pour l’égalité des femmes, Sheila Malcolmson. Dix-huit des quatre-vingt-quatorze appels à l’action de la Commission de vérité et réconciliation portent sur la réforme du système de justice, et on n’a vu à peu près aucun progrès par rapport à ceux-ci. Si le premier ministre est vraiment engagé envers la réconciliation et l’amélioration de la vie des femmes autochtones, il doit le prouver en agissant dès maintenant. »

Selon des témoignages entendus au Comité permanent de la condition féminine (FEWO), il y a deux mesures que le gouvernement Trudeau aurait déjà dû prendre : mettre fin à l’isolement cellulaire et abolir les peines minimales obligatoires. L’Association des femmes autochtones du Canada a découvert que les femmes autochtones en prison étaient plus à risque de se retrouver en isolement cellulaire, et d’y rester plus longtemps que les femmes non autochtones. Les détenues autochtones sont particulièrement touchées par les peines minimales obligatoires, puisque cela les sépare de leurs enfants.

« Il est choquant qu’au lieu de procéder à une réforme, le gouvernement libéral ait porté en appel la décision de la Cour suprême de la Colombie-Britannique contre l’isolement cellulaire, choisissant ainsi de dépenser l’argent des contribuables pour lutter contre la B.C. Civil Liberties Association en cour plutôt que de mettre en place des réformes pour aider les femmes autochtones en prison, a ajouté Mme Malcolmson. L’incarcération de masse des femmes autochtones est tout à fait incohérente avec les promesses répétées du gouvernement canadien de soutenir les peuples autochtones et les femmes. Il doit rectifier le tir et agir immédiatement. »

Il est temps que le Canada aide les Autochtones, qu’ils soient des détenus, des femmes ou des personnes ayant des problèmes de santé mentale. Le Canada devrait montrer la voie à suivre, et non lutter en cour contre des décisions interdisant l’isolement cellulaire. Ce gouvernement devrait mener la réforme du traitement des femmes autochtones dans les systèmes judiciaire et correctionnel du Canada.