Les conservateurs se servent du scandale du Sénat comme d’un écran de fumée pour s’attaquer aux syndicats

OTTAWA – Les conservateurs ont profité du fait que l’attention des Canadiens est tournée vers les scandales du Sénat pour déposer en catimini une loi qui rendrait pratiquement impossible la syndicalisation de travailleurs.

« Le projet de loi C-525 est une autre attaque du gouvernement conservateur contre les travailleurs canadiens et leurs syndicats. Il fait partie des efforts soutenus des conservateurs pour réduire les salaires de la classe moyenne », a dit le porte-parole du NPD en matière de travail, Alexandre Boulerice (Rosemont--La Petite-Patrie).

« Le gouvernement refait ce qu’il a fait avec le projet de loi C-377 : il se sert des députés d’arrière-ban pour introduire une loi antisyndicale calquée sur celle proposée par les républicains radicaux aux États-Unis. »

Le projet de loi ferait en sorte que le processus d’accréditation de syndicats dans les milieux de travail réglementés par le gouvernement fédéral deviendrait le pire au pays, alors que les autres gouvernements, comme le gouvernement conservateur de Terre-Neuve-et-Labrador, tentent de faciliter l’accès à la négociation collective. Par ailleurs, le projet de loi C-525 forcerait les syndicats à considérer toutes les abstentions comme étant un vote d’opposition à la création d’un syndicat. Si la participation aux élections syndicales était similaire à celle des élections fédérales de 2011, il suffirait qu'un électeur sur cinq vote non pour révoquer un syndicat.

« Plutôt que d’essayer de bousiller les élections syndicales et de faire baisser les salaires des Canadiens, les conservateurs devraient concentrer leur énergie à prévenir les fraudes électorales au fédéral et à s’assurer que les sénateurs doivent rendre des comptes au public », a ajouté Alexandre Boulerice.