OTTAWA – Le NPD accueille favorablement la législation présentée aujourd’hui pour permettre à certaines femmes de léguer leur statut d’Indienne à leurs petits-enfants, mais reste par contre préoccupé par l’inaction du gouvernement qui n’a pas encore alloué de fonds pour atténuer les répercussions financières que ce changement aura sur les conseils de bande.
« Les prévisions du gouvernement indiquent que plus de 45 000 personnes seront ajoutées au Système d’inscription des Indiens, suite à cette législation. Tous ces citoyens seront admissibles aux prestations offertes grâce à leur statut », a expliqué Jean Crowder (Nanaimo-Cowichan), porte-parole du NPD en matière des Premières nations, Métis et Inuits. « Mais nous n’avons rien vu ou entendu lors de la présentation du discours du Trône ou du budget en ce qui concerne le paiement des coûts de ces membres supplémentaires. »
Quant à l’éducation, que les partis ont identifiée comme étant prioritaire pour les Premières nations, l’ajout de ces membres créera une pression énorme dans les classes de maternelle à la douzième année, et encore plus au niveau postsecondaire.
« Nous avons besoin d’étudiants et de travailleurs des Premières nations supplémentaires pour améliorer leur éducation et combler les écarts en matière de main-d’œuvre. Mais sans financement adéquat, nous créons une attente que nous ne pouvons pas satisfaire. »
La portée étroite du projet de loi donne uniquement le droit de léguer le statut à un petit groupe de femmes, soit celles qui se sont mariées avec un non-indien avant 1985. Rien n’est mentionné à propos des enjeux reliés au statut des enfants dont les parents ou grands-parents étaient des filles qui étaient émancipées et illégitimes, qui se sont vues refuser le statut. Le projet de loi ne traite pas non plus de l’enjeu plus vaste de la limite de deuxième génération.
« Le gouvernement doit mettre sur pied un processus plus vaste pour étudier les divers enjeux que comporte le statut. Les changements isolés qui sont apportés après les ordres du tribunal ne sont pas la bonne façon de gérer ces inégalités découlant de la Loi sur les Indiens », a souligné Jean Crowder. « Il y a des communautés entières, comme la Michel First Nation en Alberta, qui ont déjà perdu leur statut. Nous devons écouter tous les intervenants et faire adopter une loi exhaustive. Nous aurons besoin de temps, mais il s’agit d’un enjeu important pour les Premières nations au Canada. »
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