Mesdames et messieurs : Hans Cunningham, votre prochain président de la FCM !
Hans a eu une excellente année à titre de premier vice-président. Ses Ice de Kootenay s’en sont aussi plutôt bien tirés, dans la ligue de hockey de l’ouest.
Je suis peut-être un peu obsédé par le hockey de ces jours. Et je pleure encore les Canadiens. Mais n’oubliez pas que 38 hockeyeurs canadiens participent à la finale de la Coupe Stanley…et nous pouvons toujours rappeler à nos amis américains qui a remporté la médaille d’or lors des Olympiques !
Applaudissons votre président, le maire de Summerside, Basil Stewart !
Félicitations, Basil. Félicitations à chacun d’entre vous et aux bien-aimés Summerside Western Capitals de Basil pour une excellente année !
Votre croissance m’a vraiment impressionné… 1 800 membres ! La FCM représente maintenant plus de 90 % des Canadiens. C’est un testament à votre magnifique personnel, de Brock Carlton jusqu’en fin de ligne. C’est un testament à la nécessité croissante de se doter d’une voix nationale solide. Je suis ici aujourd’hui pour vous parler de cette nécessité.
Plus que jamais, les gouvernements locaux revêtent de l’importance dans la vie quotidienne des gens. Je serai franc : votre pertinence peut être exploitée par les gouvernements fédéraux et de nouvelles menaces pointent à l’horizon. Je vous parlerai donc aussi de la façon dont le NPD peut vous aider à contrer ces menaces et à occuper la place qui vous revient à la table de l’édification de la nation.
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J’ai consacré 20 ans à la politique municipale à Toronto et il y a une raison pour ça. Je sais qu’il en va de même pour vous.
Le palier de gouvernement local est une magnifique occasion d’influencer la vie des gens. Votre travail ne porte jamais tout simplement sur les lignes budgétaires. Votre travail fait la différence entre des routes sécuritaires et des tragédies évitables. Entre des enfants engagés et des enfants sans but. Entre des villes vibrantes et saines… et des villes ternes et polluées.
Être aux premières lignes vous permet d’élaborer des politiques à la mesure des réalités locales. Vous êtes en très bonne posture pour jauger comment les gens s’en tirent.
La FCM assume ce rôle de surveillance par le biais du Système de rapports sur la qualité de vie. C’est un outil de première classe qui nous laisse prendre le pouls du patient et évaluer son taux de cholestérol et d’APS.
Dernièrement, j’ai réfléchi à ma bonne étoile… j’ai un médecin de famille : quatre millions de gens n’en ont pas. Sans cet accès aux soins primaires, je n’aurais pas su que je souffrais d’un cancer traitable. Il grandirait tranquillement en moi.
La FCM est le médecin en soins primaires des villes et des communautés canadiennes. Sobre. Talentueuse. Utile. Parce qu’il y de cela 15 ans, un gouvernement libéral effectuait les pires coupures aux programmes jamais vu en une génération. Des coupures au financement des soins de santé et de l’éducation postsecondaire. Il signait l’arrêt de mort des partages de coût en matière d’aide sociale. Il sabrait les règlements de l’A.-E. visant à disqualifier la plupart des travailleurs. (Ils ont déjà sabré le programme de logements.)
Depuis, vous naviguez les répercussions que les coupures ont eues sur les gens. Le plus récent rapport thématique de la FCM met les choses encore plus en évidence. Le filet de sécurité sociale traditionnel du Canada est-il en train de s’effilocher? Absolument. C’était prévisible. Vous nous montrez comment, de façon méticuleuse.
Il suffit de demander aux gens qui attendent depuis des années pour obtenir un logement abordable et pour des services de garde à l’enfant. Demandez aux familles de petits salariées dont la qualité de vie s’affaisse. Mettre à nu les coûts humains que les coupures fédérales ont eus est un service public que vous dispensez.
Vous avez pris la relève en ce qui a trait au logement subventionné, aux services de garde à l’enfant et aux abris d’urgence. Vous avez mené la charge en ce qui a trait à l’amélioration des bibliothèques, du transport en commun et des programmes de loisir. Personne ne vous a forcés de devenir des champions de l’infrastructure sociale.
Mais, pour citer notre ami Basil Stewart : « De leur position en première ligne, les gouvernements municipaux ne peuvent pas tourner le dos aux besoins de leur communauté. Les autres paliers de gouvernement ont un choix… Beaucoup dépend de leurs choix. »
Oui, cela dépend de leurs choix.
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Alors, voilà une des raisons pour lesquelles je me suis lancé en politique. Il y a aussi une raison pour laquelle je suis passé à la scène fédérale en 2003.
À ce moment-là, les répercussions des coupures se faisaient sentir. Les gens souffraient. Les villes tentaient tant bien que mal de combler les écarts, sans nouvelles ressources. Nous devions, d’une façon ou d’une autre financer notre nouveau rôle. Nous l’avons fait par l’entremise des taxes foncières et aux dépens de l’infrastructure physique.
Ainsi, la déresponsabilisation du gouvernement fédéral faisait passer les services sociaux d’une base fiscale progressive à une base régressive… ce qui a créé cet époustouflant déficit de 123 milliards de dollars dans le domaine de l’infrastructure. Il s’agissait là d’un problème national historique qui exigeait des solutions nationales historiques.
Lorsque je suis devenu président de la FCM en 2001, nous demandions une nouvelle entente pour les villes afin de compenser nos rôles sans cesse grandissants. Cette année, nous marquons le cinquième anniversaire de cette nouvelle entente ! Cela vaut la peine d’être fêté ! Mais, rappelons-nous deux choses à propos de cette réalisation.
Rappelons-nous d’abord tout notre travail. Le gouvernement minoritaire qui a finalement livré la marchandise a résisté jusqu’à la fin. (C’est pourquoi je me suis lancé sur la scène fédérale, pour forcer un leadership national.)
Deuxièmement, les remboursements de la TPS et les transferts de la Taxe sur l’essence ont été les premières de plusieurs étapes pour réhabiliter les municipalités. Plutôt que d’être reconnaissant lorsque les gouvernements n’annulent pas ces gains réalisés au préalable, il est temps de s’attendre à plus.
Vous devrez être déterminé. Parce que le gouvernement fédéral n’est pas encore un partenaire proactif. Même si nous sommes très heureux du stimulant économique fédéral, même ce stimulant devrait être perçu comme étant un avertissement.
Pas plus tard qu’à l’automne 2008, le Premier ministre niait toujours l’existence de la crise économique au Canada, encore moins d’une que les communautés pouvaient contribuer à résoudre. Il fallut une menace mortelle à son gouvernement pour le réveiller. Puis, ses ministres ont ignoré votre avis contre le retardement que l'approbation projet par projet et les règlements de fonds compensatoire allaient causer.
Vendredi, M. Harper aurait pu assumer la responsabilité de la débâcle de l’été dernier relativement aux projets tués dans l’œuf. Il aurait pu prolonger la date limite de mars 2011 pour que les communautés n’aient pas à payer la note.
Peine perdue. Aucune conception que le stimulant est un investissement pour des solutions à plus long terme. Nous devons tous lutter pour cela. Et que dire de la déresponsabilisation qui a laissé les villes haletantes? Nous voyons bien que la deuxième ronde approche.
Il y a deux façons de lire le budget fédéral. Avec soulagement parce que les revenus des villes n’ont pas été coupés. Et, avec alarme parce qu’il propose de massives réductions des impôts des grandes sociétés.
Ce gouvernement emprunte maintenant des milliards pour financer des cadeaux fiscaux, sans condition, qui ne font rien pour créer des emplois, de l’innovation ou de la productivité. D’ici 2012, leurs cadeaux coûteront 15 milliards $ par année en capacité fiscale perdue. Les coûts graduels à eux seuls s’élèvent à 60 milliards $, soit la moitié de la totalité du déficit dans le domaine de l’infrastructure !
Imaginez un peu ce qu’il pourrait réaliser s’il faisait de meilleurs choix. Rappelez-vous de ce que le gouvernement fédéral a fait la dernière fois qu’il s’est retrouvé avec un énorme déficit.
Si vous comptez sur la bonne volonté du gouvernement fédéral pour sauver les villes d’une nouvelle déresponsabilisation... revenez dans un mois, lorsque le G20 sera en ville. Il dépense des milliards de dollars pour bloquer ma ville. Il annule les joutes des Blue Jays. L’Université de Toronto. Il interdit même les vélos dans le centre-ville. Les résidents et les marchands se préparent au pire.
Qui devra assumer les coûts énormes qu’il impose à cette ville? Certainement pas Ottawa. Déresponsabilisation et unilatéralisme coulent dans les veines de ce gouvernement fédéral.
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Nous ne pouvons pas nous permettre un autre désastre comme celui de 1990 alors que les déficits étaient rejetés sur le dos des taxes foncières et que les services sociaux étaient tragiquement sabrés.
Cela ne veut pas dire que je vous exhorte à passer à la défensive; au contraire ! Il existe une meilleure façon d’empêcher les choses de se reproduire. Il est temps que les municipalités réclament leur place à la table, comme partenaire à part entière des autres paliers de gouvernement.
Vous méritez cette place à la table. Vous la méritez pour avoir ramassé les balles que d’autres avaient laissé tomber. Pour votre innovation et votre flexibilité. Pour votre cran qui dit « Ce n’est tout simplement pas une option de laisser les gens à la dérive. »
Le NPD veut vous aider à prendre cette place qui vous appartient. Pourquoi… parce que comme sociaux démocrates, nous faisons partie d’un grand mouvement pour une société meilleure... et nous vous voyons sur ces lignes de front.
Voici l’essentiel du discours de M. Harper, vendredi : « nous avons consacré 62 milliards à nos villes : notre stratégie en matière de récession fonctionne.» Pour l’instant, tout va bien ! Puis, il lance la bombe… « Pas un sou de plus ».
Il me semble qu’il devrait vouloir faire de la meilleure stratégie, « de celle qui fonctionne, une composante permanente de l’édification de nos communautés à l’avenir.
Il essaie aussi de vous dire de garder vos finances en ordre. Imaginez ! Prêchez à ceux qui réussissent à équilibrer leurs livres en faisant des choix difficiles, selon la loi, tandis qu’il encourt le plus gros déficit de l’histoire; il nous faut bien admirer l’audace de l’homme.
M. Harper a-t-il reconnu que les villes et les provinces contribuent ensemble plus de fonds de relance qu’il ne le fait? A-t-il parlé d’un quelconque palier de gouvernement à titre de partenaires financiers pour l’avenir? Non.
Il faudrait qu’il comprenne que les villes ne demandent pas la charité, elles veulent travailler main dans la main. Le fait est que les villes sont toujours venues à la table avec de l’argent; c’est ce que font les bons partenaires.
Le Canada peut être un chef de file mondial dans la croissance économique, mais seulement si le gouvernement fédéral et les villes travaillent ensemble. À l’inverse, le Canada peut perdre des milliards en investissement privé mondialement en n’investissant pas dans les villes maintenant… dans l’infrastructure, le logement, l’efficacité énergétique, les ressources renouvelables, tous des domaines où les membres de la FCM font preuve de leadership mondial.
Nous prenons du retard par rapport aux villes américaines et européennes. Mais nous pouvons changer les choses, une étape à la fois. Voici par où le NPD commencerait.
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Il faut enchâsser dans la loi le partenariat fédéral avec les municipalités en respectant pleinement les juridictions provinciales, bien sûr, au moyen de l’asymétrie comme c’est nécessaire pour le Québec.
Ceci comprend une loi en matière d’infrastructure urbaine, rurale et verte. Un cadre de financement permanent. Faisons-le.
Ottawa devrait aussi partager un autre cent de la taxe sur l’essence pour le transport. Il s’agit d’un investissement vert qui facilite le transport urbain. Faisons-le.
Il y a aussi le projet de loi de Denise Savoie qui vise à donner le choix du mode de transport. Ceci permettra aux employeurs d’offrir des avantages exempts d’impôt pour le transport en commun, les déplacements en vélo et le covoiturage. Faisons-le.
Adoptons aussi le projet de loi de Libby Davies pour rétablir une stratégie nationale en matière de logement. Ottawa a abandonné les villes à la crise des logements; il est temps de forger un nouveau partenariat.
Adoptons la Loi nationale sur la garde d’enfants d’Olivia. C’est le leadership qui faisait défaut en 2005, lorsqu’Ottawa a rendu les provinces vulnérables avec des ententes ponctuelles. Nous sommes à légiférer un programme permanent pan Canadien afin que les villes n’aient plus à le faire seules.
Parlons maintenant du traitement des eaux usées. Pour vous conformer aux nouvelles normes d’Ottawa, vous devrez remplacer ou rebâtir un système de traitement des eaux usées sur quatre et vous devrez payer la note. Légiférons le financement dont vous aurez besoin pour le faire.
Puis, il y a le plan exhaustif contre la pauvreté de Tony Martin qui comprend un leadership renouvelé sur le logement, le bien-être et les prestations pour enfants.
Notre loi visant à régler l’assurance emploi est un exemple concret. Parce que c’est mal de demander aux villes de nettoyer les dégâts sociaux causés par ce programme fédéral brisé.
Comme vous le savez, la Loi sur les responsabilités en matière de changements climatiques a récemment été adoptée en Chambre ! J’en suis particulièrement fier. L’adoption de ce projet de loi par le Sénat donnera au Canada les cibles de réduction des émissions de gaz à effet de serre de première classe dont nous avons tant besoin !
La prochaine étape d’Ottawa devrait être de former un partenariat avec vous sur une stratégie nationale en matière de changements climatiques. Les municipalités influencent les activités qui génèrent près de la moitié de toutes les émissions de gaz à effet de serre... et vous êtes déjà en tête du peloton lorsqu’il s’agit de les réduire.
Le Fonds municipal vert de la FCM est un important modèle de leadership national. C’est maintenant au tour d’Ottawa de mener en légiférant un véritable système de quotas et d’échanges de droits d’émissions de gaz à effet de serre. Nous pouvons générer des milliards pouvant être investis dans des projets verts prêts à être mis en place sur une grande échelle.
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Enfin, le NPD luttera pour que les municipalités soient à la table à titre de palier de gouvernement lorsqu’il faudra panifier les priorités nationales et les budgets.
Les changements surviennent dans les villes. Les marchés sont développés dans les villes. Les bonnes vies se vivent dans les villes, ou moins maintenant. Les immigrants s’installent dans les villes ou les quittent.
En ce 21e siècle plus mondialisé, nous parlerons moins du Canada faisant concurrence à la Chine ou aux États-Unis… et nous parlerons plus de Toronto ou de Montréal faisant concurrence à Hong Kong ou à Singapour. Faisant concurrence pour les investissements, pour une part du marché, pour les dollars des touristes, pour les meilleurs talents.
Bâtir un pays plus fort veut dire bâtir des villes vibrantes et sécuritaires. Et un Canada rural revitalisé. Avec des infrastructures de première classe; des services d’établissement efficaces; des occasions d’apprentissage exceptionnelles; une qualité de vie attirante.
La politique locale m’a attiré pour une raison et la politique fédérale pour une autre. De plusieurs façons, j’ai bouclé la boucle.
Je suis avec vous : ce sont des partenariats sains entre tous les paliers de gouvernement qui feront progresser ce pays. Vous pouvez compter sur le NPD pour lutter pour que vous occupiez la place qui vous revient à la table.
Merci.
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