Bonjour.
Si on juge un chef de gouvernement par sa capacité à rassembler et unir les citoyens, on peut affirmer que notre premier ministre a échoué lamentablement.
Le meilleur exemple concerne le débat qui fait rage en ce moment sur le registre des armes d’épaule. Ce pays est, sans aucun doute, divisé. Dans des proportions différentes en fonction des provinces. Mais partout le sujet divise. Il n’y a pas de consensus.
En tant que chef du Nouveau Parti démocratique et résident d’une région urbaine, j’ai essayé de comprendre la frustration et la colère des Canadiens vivant dans les régions rurales.De nombreux propriétaires d’armes m’ont dit que le registre les traite comme des criminels. Qu’ils sentent qu’Ottawa n’accorde pas d’importance à leur mode de vie pas plus qu’aux réalités régionales.
Des Canadiens m’ont dit qu’ils détestent ce registre parce que c’est une nouvelle preuve que la ville ignore la réalité des gens des régions. J’ai parlé à des gens des Premières nations qui en ont assez de se faire dire qu’ils doivent « passer à autre chose » et enregistrer leurs fusils. Ils me parlent de respect et de droits issus de traités. Leurs voix doivent être entendues, leurs opinions sont importantes.
Tout comme celles des nombreux citoyens, qui ont aussi cet enjeu à cœur mais qui possèdent une opinion très différente. Ces citoyens sont :
Ce sont aussi des citoyens ordinaires, des femmes et des hommes à Montréal, Winnipeg, Vancouver et de plusieurs villes partout à travers le pays. Dans mon propre comté de Toronto-Danforth, j’ai entendu des intervenants de première ligne qui travaillent auprès de femmes qui veulent échapper à la violence domestique.
Plusieurs sont d’accord pour dire que la manière dont le registre a été mis en œuvre est imparfaite. Mais ces citoyens sont d’abord et avant tout d’avis que, collectivement, nous devrions faire tout ce qui est en notre pouvoir pour réduire la violence liée aux armes. J’entends aussi cette opinion et je la partage.
Faire cesser la violence liée aux armes a été l’une de mes priorités pendant les trente années que j’ai passées en politique. C’est une priorité tant pour les Canadiens des régions rurales que des régions urbaines.
Il n’y a aucune bonne raison pour expliquer pourquoi ne pourrait pas s’asseoir et négocier de bonne foi. Il n’y a aucune bonne raison pour expliquer pourquoi nous ne pourrions pas trouver des solutions qui nous rassemblent. Sauf que ce sens du devoir collectif fait les frais du débat sur le registre des armes d’épaule.
M. Harper n’a été d’aucune aide. Plutôt que de chercher des solutions, il s’est servi de cette question diviser les Canadiens. Plutôt que de trouver des solutions avec les autres, son parti présente des publicités à la radio pour démoniser ceux qui appuient le registre dans les régions urbaines. Pire, ils alimentent la rancœur et utilisent cet enjeu comme outil de financement pour remplir leur caisse électorale.
M. Harper oppose les régions du Canada les unes aux autres selon la bonne vieille recette de diviser pour régner. Ça va à l’encontre de nos valeurs et c’est pourquoi les électeurs lui refusent une majorité. Ce style de politique à l’américaine, ce n’est pas dans la tradition politique de notre pays et je la rejette.
Ce gouvernement conservateur est tout simplement malhonnête avec le public dans ce dossier. Démettre un haut gradé de la GRC, qui insiste sur le fait que le maintien du registre va sauver des vies, et cacher une étude objective qui le prouve, sont des tactiques indignes d'un gouvernement démocratique.
De son côté, M. Ignatieff ne semble pas vouloir trouver des solutions, même s’il y a urgence. Il dit : « Attendez qu’on soit au pouvoir, on règlera ensuite les préoccupations rurales. » Sauf que les libéraux qui siègent au Parlement sont des députés en ce moment, faut-il le rappeler. Pas des députés en devenir. Ils doivent et peuvent agir dès maintenant.
Nous voulons et pouvons et nous pouvons faire mieux. Le NPD veut rassembler les gens, pas les diviser. Cela fait partie de qui nous sommes et de pourquoi nous sommes élus.
Il y a 50 ans, des Canadiens progressistes se sont joints pour créer ce parti. Des syndicalistes urbains et des fermiers ruraux … des gens de tous les milieux. Notre caucus est aujourd’hui enraciné démocratiquement dans les collectivités rurales et urbaines partout au pays et valorisées également. Je le souligne aujourd’hui.
Je dis aux Canadiens habitant le Nord et les collectivités rurales : Nous ne vous abandonnerons pas.
Nous ne pensons pas, comme M. Harper que les enjeux ruraux commencent et se terminent avec les armes. Le Canada rural a été ignoré trop longtemps et fait maintenant face à de nombreux défis. Le NPD se bat pour défendre les priorités des collectivités rurales et celles du Nord.
Pour le registre des armes d’épaule, vous nous avez demandé de faire mieux. Vous nous avez demandé de renforcer le contrôle des armes à feu tout en respectant vos préoccupations. Je serai clair : si le projet de loi C-391 reste ainsi, sans amendement, je voterai contre — en grande partie parce qu’il oppose les Canadiens les uns aux autres.
Je suis le chef d’un parti qui possède une tradition permettant à ses députés de voter librement sur des projets de loi émanant d'autres députés. Ma stratégie a donc été de travailler sans relâche pour convaincre le plus grand nombre de députés de voter contre C-391 et donc d'assurer la survie du registre des armes d’épaule dans le but de mieux protéger le public.
Mes députés des caucus urbains et ruraux ont travaillé fort pour trouver un terrain d’entente, en tant que parti et pour que nous puissions résoudre cette question déchirante. Mais ma priorité c’est de trouver une solution qui évitera un vote qui divise et qui n’est pas nécessaire.
Au retour du Parlement, le NPD déposera une législation pour aborder les inquiétudes légitimes à propos du registre des armes d’épaule et pour renforcer le contrôle des armes à feu :
Nous proposons une législation qui renforce le pouvoir des municipalités d’interdire les armes de poing dans leurs rues, si les citoyens le désirent.
Nous proposons un système pour identifier les menaces rapidement —pour que l’information sur la santé mentale soit partagée entre les différents programmes d’armes à feu, les forces de l’ordre et les agences militaires — une législation qui aborde les failles du système qui auraient pu aider à prévenir la tragédie du Collège Dawson.
J’invite à nouveau M. Harper à travailler avec nous pour aider à unir les Canadiens dans la lutte contre la violence liée aux armes à feu. J’invite aussi MM. Ignatieff et Duceppe à travailler avec nous pour régler les failles contenues dans le registre. Ce n’est pas une vache sacrée ! Nous pouvons améliorer le registre.
Il n’y a pas de bonne raison pour que le Parlement soit incapable de trouver une solution qui rassemble tous les Canadiens.
Plutôt que d’adopter une attitude qui divise les Canadiens, bâtissons des liens entre le Canada rural et urbain afin de prioriser la sécurité publique.
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