OTTAWA — Le Bureau de la concurrence du Canada a confirmé aujourd’hui ce que le NPD déplore depuis longtemps, c’est-à-dire que les pratiques de VISA et MasterCard nuisent aux entreprises canadiennes et arnaquent les consommateurs, a déclaré Glenn Thibeault, le porte-parole du NPD en matière de protection des consommateurs.
Le bureau de la concurrence a déposé une demande plus tôt aujourd’hui pour qu’on élimine les règles restreignant le jeu de la concurrence que Visa et MasterCard imposent aux commerçants qui acceptent leurs cartes de crédit. Selon la commissaire de la concurrence, Melanie Aitken, ces règles ont effectivement éliminé toute concurrence digne de ce nom entre les deux géants mondiaux des cartes de crédit, et cela a eu pour effet d’augmenter les coûts pour les entreprises, et, au bout du compte, pour les consommateurs.
« Cette décision rappelle la nécessité d’une action concrète de la part du gouvernement. Le code de conduite volontaire mis en place par le ministre des Finances ne fonctionne pas. Pendant que les banques enregistrent des profits records, les commerçants et les consommateurs canadiens sont à la merci des compagnies de cartes de crédit prédatrices », a dénoncé Thibeault, le député de Sudbury. « Plutôt que d’être à l’écoute des petites entreprises et des consommateurs et d’instaurer des mesures obligatoires qui protègent les Canadiens, les conservateurs de Stephen Harper, comme les libéraux avant eux, écoutent seulement les lobbyistes de Bay Street. »
Les règles qui sont contestées par le Bureau interdisent aux vendeurs d’encourager les consommateurs à utiliser des options de paiement moins coûteuses, comme la carte de débit ou l’argent comptant, et interdisent aux commerçants de faire payer des frais supplémentaires pour un achat complété sur une carte à limite de crédit élevée. De plus, lorsqu’un commerçant accepte une ou l’autre des cartes offertes par Visa ou MasterCard, ce dernier se doit de toutes les accepter, y compris celles qui imposent des frais importants aux commerçants, comme les cartes privilèges, ce qui fait en sorte que, sans le savoir, les consommateurs se font refiler la facture de ces coûts.
« Il faut mettre fin à ces pratiques injustes. Elles augmentent les coûts pour les consommateurs et les entreprises, et nuisent à ceux sur qui la reprise économique canadienne dépend réellement », a insisté Thibeault. « Les conservateurs doivent prendre leur courage à deux mains et affronter les compagnies de cartes de crédit. Une première étape importante serait d’implanter un code de conduite obligatoire prévoyant des sanctions en cas d’infraction. »