OTTAWA –La décision du gouvernement Harper d’indemniser AbitibiBowater l’été dernier implique la privatisation, intentionnelle ou non, des ressources en eau du Canada en vertu de l’ALÉNA. Peter Julian, le porte-parole du NPD en matière de commerce international, craint que cette décision, n’ouvre la porte à des exportations massives d’eau canadienne.
« L’indemnité de 130 millions de dollars payée à AbitibiBowater, un record, concerne aussi les droits relatifs à l’eau qui ne pouvaient pas faire l’objet d’une indemnisation auparavant, » a indiqué M. Julian. « La contestation d’AbitibiBowater à l’ALÉNA était faible et les conservateurs se sont empressés d’indemniser inutilement. Qu’ils l’aient fait par incompétence, ou volontairement, les conservateurs ont ouvert l’une des ressources les plus importantes du Canada à l’exportation. Il faut empêcher cela. »
Afin de fermer la porte à la possibilité d’exportations massives d’eau, M. Julian a présenté une motion au Comité du commerce international visant à exclure l’eau de l’ALÉNA. La motion sera débattue et soumise au vote le mardi 22 mars, Journée mondiale de l’eau.
« Le gouvernement conservateur nous place dans une situation dangereuse, » a déclaré M. Julian. « N’importe quel chef d’entreprise pourra maintenant contester le refus de droits ou de permis relatifs à l’eau en alléguant que la décision a un impact négatif sur les profits de sa compagnie. Cet enjeu mérite beaucoup plus d’attention. »
Plus tôt ce mois?ci, M. Julian a amené le Comité du commerce international à tenir des audiences sur l’indemnité versée à AbitibiBowater. Des témoins experts ont confirmé que l’entente de 130 millions de dollars, qu’AbitibiBowater a conclue après avoir manqué à ses obligations en vertu d’ententes signées avec le gouvernement provincial de Terre?Neuve?et?Labrador, établissait un précédent.
Au cours des derniers jours, le Gouvernement du Canada a reçu des centaines de courriels et de lettres de militants de partout au pays qui s’inquiètent du précédent crée par l’indemnité consentie à AbitibiBowater, et de ses conséquences en lien avec l’avenir des compensations sur l’eau.