10 novembre 2011
Ottawa doit mieux s’occuper de nos anciens combattants
Par Peter Stoffer, porte-parole de l’opposition officielle pour les Anciens combattants
À l’approche du jour du Souvenir, nos pensées se tournent vers les hommes et les femmes qui ont servi notre pays et donné leur vie en temps de guerre et de paix. Des millions de Canadiens vont se retrouver devant des cénotaphes, dans des centres communautaires et dans des salles de la Légion afin de rendre hommage aux survivants, de se souvenir de ceux qui sont tombés au combat et de remercier ceux qui servent présentement dans les Forces canadiennes (FC) et la Gendarmerie Royale du Canada (GRC).
Mais revenons au 5 novembre, date à laquelle des anciens combattants de partout au pays se sont réunis pour une Journée nationale de protestation. C’est la deuxième année consécutive que des anciens combattants organisent une manifestation afin de pousser le gouvernement fédéral à leur offrir de meilleures prestations d’invalidité et davantage de soutien.
Que s’est-il passé pour que des anciens combattants soient forcés de descendre dans les rues pour exiger un traitement équitable? Pourquoi a-t-il fallu que des anciens combattants intentent quatre recours collectifs contre le gouvernement du Canada afin que leurs problèmes soient réglés?
Ça se résume essentiellement à ceci : les programmes et services fédéraux destinés aux anciens combattants et à leurs familles sont très loin de répondre aux besoins. Du temps où ils constituaient l’opposition, les conservateurs avaient promis des réformes importantes -- notamment de réviser la réduction injuste des prestations d’assurance-invalidité aux vétérans; d’étendre le Programme des soins à domicile pour les veufs et les veuves; de tenir une enquête publique sur l’exposition à l’agent orange et d’indemniser entièrement tous ceux qui y ont été soumis. Ils avaient aussi promis de cesser de nommer leurs amis au Tribunal des anciens combattants (révision et appel) et de recruter des personnes qualifiées possédant une formation médicale ou militaire.
Les anciens combattants attendent toujours des mesures concrètes à la suite de toutes ces promesses.
Mais au lieu d’aller de l’avant, Ottawa projette maintenant d’effectuer des compressions de près de 226 millions de dollars au ministère des Anciens Combattants et d’y éliminer 500 postes. Je suis très préoccupé de l’impact de ces compressions sur les services aux anciens combattants alors que des données récentes montrent que les demandes de services augmentent rapidement de la part des jeunes combattants. Les appels lancés par la Légion royale canadienne et le Conseil national des associations d’anciens combattants pour que le ministère des Anciens Combattants échappe aux coupes fédérales -- tel qu’il a été fait aux États-Unis par le président Obama -- ont été ignorés.
En tant que porte-parole de l’opposition officielle pour les Anciens combattants, j’ai vu tellement d’exemples illustrant combien le système de soutien de nos anciens combattants est déficient. Je peux vous citer celui de l’ex-soldat souffrant du syndrome de stress post-traumatique (SSPT) qui a dû renoncer à voir son psychologue parce que le ministère des Anciens Combattants refusait de couvrir ses frais de déplacement. Il y a aussi ces anciens combattants de la Seconde Guerre mondiale à qui on n’a refusé le remboursement des dépenses pour des monte-escaliers leur permettant d’accéder aux différents paliers de leurs maisons – ceux-ci n’étant pas considérés comme des « espaces habitables essentiels ». Je peux également vous parler de nombreux autres anciens soldats à qui on a refusé de donner des soins dans un hôpital pour anciens combattants, uniquement parce que seuls ceux ayant servi à l’étranger durant les deux grandes guerres mondiales et durant la Guerre de Corée étaient admissibles.
Ça me trouble extrêmement de voir des anciens combattants entreprendre des grèves de la faim pour obtenir de meilleurs services de leur ministère, et de constater que des veuves de soldats tués en Afghanistan se voient refuser de l’aide à la maison par le biais du Programme pour l’autonomie des anciens combattants.
Pendant ce temps, l’itinérance est à hausse chez les anciens combattants et de plus en plus d’entre eux ont recours aux banques alimentaires. Dans la ville même du premier ministre Harper, à Calgary, des bénévoles ont ouvert une banque d’alimentation réservée aux anciens combattants et à leurs familles. En 2005, elle est venue en aide à 58 anciens combattants et en 2010, à 200.
Ça suffit. Les néo-démocrates proposent plusieurs solutions pratiques afin de s’assurer que les anciens combattants obtiennent les services qu’ils méritent. Dans le but d’améliorer l’accès à des soins de santé modernes pour les vétérans, nous avons proposé que des Centres de soins de santé d’excellence soient mis sur pied à leur intention. En 2011, nous pouvons faire tellement plus pour ceux qui souffrent de stress post-traumatique. Il est temps de réformer la Nouvelle Charte des anciens combattants pour garantir des prestations d’invalidité équitables à tous ceux qui en ont besoin. Et il est temps qu’Ottawa arrête la récupération injuste des pensions de retraite des vétérans – et commence à étendre les soins à domicile aux anciens soldats de la GRC et à leurs veuves.
Après avoir tellement donné à ce pays, nos anciens combattants et leurs familles méritent notre respect et méritent qu’on veille sur eux -- à partir du moment où ils joignent les forces jusqu’au moment de leur décès. Vous pouvez être assurés que les néo-démocrates vont continuer à lutter pour faire en sorte que cela se produise.
Pour ces braves hommes et femmes, le jour du Souvenir, c’est tous les jours.
Nous nous souviendrons d’eux.