Réflexions personnelles

Chers membres du NPD,

Je tiens tout d’abord à remercier Rebecca Blaikie d’avoir accepté de présider le processus de réflexion sur la dernière campagne électorale. Son dévouement à notre cause est absolument remarquable. Son rapport intérimaire nous permet déjà de mieux comprendre ce qui s’est passé lors des dernières élections et de mieux nous préparer pour l’avenir.

Bien que nous ayons été profondément déçus par la tournure des événements, je suis fier de constater que nous gardons la même confiance envers nos valeurs sociales-démocrates. C’est ce qui m’inspire et ce qui me motive à mieux articuler nos idées et à les communiquer de manière plus efficace aux Canadiens. J’ai aussi beaucoup d’espoir à la lumière du soutien qu’expriment les Canadiens de partout au pays pour notre projet d’un pays plus juste et plus progressiste.

Le fait que nous ayons mené dans les sondages pendant la première moitié de la campagne pour nous retrouver en troisième place au moment du vote a rendu la défaite encore plus amère. Je sais que nos membres et que nos candidats partagent ma déception à cet égard. Nous avons perdu un grand nombre de députés expérimentés et passionnés et des employés brillants et dévoués. Nous avons également été exclus de régions importantes, comme le Canada Atlantique et Toronto. Même si nous sommes tous fiers de notre première victoire en Saskatchewan en cinq élections et de nos victoires sur l’île de Vancouver, il est évident que nous avons un deuil bien réel à surmonter.

Ce rapport intermédiaire nous offre un aperçu de quelques-unes des erreurs commises pendant la préparation électorale et au cours de la campagne. Je suis d’accord avec l’opinion générale voulant que notre campagne n’ait pas été à la hauteur. Comme chef, j’assume l’entière responsabilité de ces erreurs. J’aurais pu mieux faire. Il est de mon devoir envers vous et envers le parti de tirer des leçons de ces erreurs, et de les appliquer pour l’avenir.

Si j’ai l’honneur d’obtenir votre appui afin de continuer à vous servir, j’appliquerai les changements nécessaires avec résolution, pour que ces erreurs ne se reproduisent plus jamais. Nous avons d’ailleurs déjà commencé à changer les choses.

En effet, j’ai nommé il y a quelques mois un nouveau chef de cabinet, Raymond Guardia, qui est membre de notre parti depuis très longtemps. Je suis ravi du dynamisme qu’il apporte au parti depuis son arrivée. J’ai également nommé une nouvelle chef de cabinet adjointe, Jordan Leichnitz, qui a une fine connaissance des enjeux politiques et qui représente bien ce renouveau au sein de mon équipe.

Ensemble, Ray et Jordan supervisent le changement au sein de nos activités parlementaires. Du côté du parti, Karl Bélanger a été nommé directeur national par intérim et veillera à ce que notre congrès à Edmonton nous permette d’élaborer un plan pour gonfler nos rangs et nous amener vers la victoire.

Nous sommes également en train de réformer le fonctionnement du caucus. Nous avons dépensé trop d’énergie avant les dernières élections à essayer d’éviter de faire des erreurs. Je crois que cela a créé le sentiment de prudence qui est critiqué dans le rapport intermédiaire. En ce sens, nous allons adopter une approche proactive qui permettra aux députés de lancer des projets afin de tisser davantage de liens avec les gens que nous représentons. La rencontre stratégique du caucus qui a eu lieu il y a quelques semaines a été un franc succès. Charlie Angus, le nouveau président du caucus, est tout aussi résolu que moi à mener à bien ce changement. 

De surcroît, nous avons pris conscience du fait que l’aile parlementaire doit travailler plus étroitement avec le parti et les personnes sur le terrain. Sheri Benson, notre nouvelle députée de Saskatoon-Ouest, fait maintenant partie de l’exécutif fédéral et a le mandat de veiller à ce que cet objectif se concrétise. J’espère que les membres éliront au congrès un président et un exécutif qui attireront de nouveaux membres et insuffleront une énergie renouvelée au NPD. 

L’établissement d’un dialogue respectueux entre le parti et le caucus nous rendra plus forts. Cette tâche est essentielle. Notre base doit savoir qu’elle constitue la pierre d’assise sur laquelle nous nous appuierons pour remporter nos futures victoires électorales.

Enfin, nous allons nous attaquer à l’une des observations importantes du rapport intermédiaire : l’absence d’un message simple et fort pour communiquer efficacement notre vision progressiste. Ce problème est devenu manifeste quand notre engagement à équilibrer le budget a fait de l’ombre à notre vision économique sociale-démocrate, y compris à nos engagements de faire contribuer un peu plus les grandes entreprises à la société, à éliminer l’échappatoire fiscale injuste dont bénéficient les chefs d’entreprises et à lutter contre les paradis fiscaux. Nous ne pourrons pas uniquement nous contenter de commenter les actions des libéraux.

Comme je l’ai dit dans le discours que j’ai prononcé à la rencontre stratégique du caucus, nous pouvons réussir en présentant aux Canadiens des idées qui prennent source dans nos valeurs communes et qui répondent aux aspirations des gens que nous représentons. Nous sommes convaincus que le gouvernement a un grand rôle à jouer pour réduire les inégalités économiques et pour créer de meilleures perspectives d’avenir au Canada.

L’économie du pays a connu une croissance de 50 % sous la dernière génération. Pourtant, nous savons que cette croissance n’a pas profité à la majorité des Canadiens. Il est honteux que les PDG du Canada gagnent 200 fois ce que gagne le travailleur moyen alors que le pouvoir d’achat des familles ne cesse de diminuer.

À une époque où les banques peuvent supprimer des milliers d’emplois tout en offrant des primes de 12 milliards $ à leurs dirigeants, notre tâche est claire. Seuls les sociaux-démocrates peuvent dénoncer les injustices comme celle vécue par 20 000 métallos à Hamilton, qui risquent de perdre leur retraite en raison de l’inaction des gouvernements conservateurs et libéraux. Ces gens-là savent qu’ils peuvent nous faire confiance.

Le processus de réflexion mené par Rebecca et son équipe nous permettra d’être en meilleure position pour bâtir une économie plus juste et pour réduire les inégalités dans notre société. 

Je tiens à remercier encore une fois Rebecca et les milliers de membres qui ont participé à ce processus.

J’ai hâte de poursuivre cette discussion une fois que nous aurons le rapport final.

En toute solidarité,

Tom Mulcair.