29 janvier 2019

Déclaration du NPD concernant le traitement injuste et immoral des aides familiaux de la part du gouvernement libéral

Jenny Kwan, la porte-parole du NPD en matière d’immigration, de réfugié·es et de citoyenneté, a fait la déclaration suivante :

« Imaginez à quoi ressemblerait votre vie si vous étiez séparé·e de vos propres enfants pour plus de six ans et demi pendant que vous vous occupez des enfants d’une autre famille dans un pays étranger. C’est ce que vivent des milliers d’aides familiaux au Canada.
Les aides familiaux qui arrivent au Canada sont séparés de leur famille pendant deux ans avant même d’avoir le droit de déposer une demande de résidence permanente. Aucune autre voie d’immigration économique ne force ainsi la séparation familiale. En n’honorant pas le principe selon lequel si vous êtes assez bon pour travailler, vous êtes assez bon pour rester, le gouvernement libéral continue de diviser des familles. Traiter les aides familiaux de cette façon est inhumain et moralement répréhensible. Personne ne devrait avoir à endurer ce genre de souffrances.
Les aides familiaux et les travailleurs migrants au Canada méritent d’être traités avec respect et dignité. Ils et elles contribuent de façon inestimable à l’économie canadienne et au bien-être des familles d’ici depuis des décennies. Il est temps que le gouvernement libéral fasse la bonne chose et donne aux aides familiaux la résidence permanente dès leur arrivée.
Quand le gouvernement libéral a discrètement publié sur le site Web d’Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada (IRCC), en février 2018, qu’il mettrait fin aux filières d’immigration des aides familiaux – les programmes de la garde d’enfants et de soins aux personnes ayant des besoins médicaux élevés – le 29 novembre 2019, la communauté des aides familiaux était sous le choc. C’était particulièrement préoccupant pour les aides familiaux qui, pour des raisons hors de leur contrôle, ne seront pas en mesure d’accumuler les 24 mois de travail nécessaires afin de déposer une demande de résidence permanente. Sans façon d’obtenir celle-ci comme on leur avait promis, leurs rêves d’être réuni·es avec leur familles au Canada se sont évaporés.
J’ai soulevé cette question auprès du gouvernement en février 2018 et à nouveau en mars de la même année. Avec des groupes de défense des droits des travailleurs migrants et la communauté des aides familiaux, nous sommes parvenus à faire pression sur le gouvernement pour qu’il organise des consultations publiques sur la mise en œuvre d’une nouvelle filière d’immigration des aides familiaux. Le message qui est ressorti de ce processus de consultation était clair : les aides familiaux et leurs défenseurs ont massivement réclamé du gouvernement libéral qu’il respecte le principe voulant que si vous êtes assez bon pour travailler, vous êtes assez bon pour rester, et ce, en octroyant aux aides familiaux le statut de résident permanent dès leur arrivée.
Mais à ce jour, rien n’a changé, et les aides familiaux ne savent toujours rien quant à leur avenir. La Migrant Workers Alliance for Change (MWAC : alliance des travailleurs migrants pour le changement) a publié un rapport sur le programme des aides familiaux dans lequel elle formule des recommandations telles que l’octroi de la résidence permanente aux aides familiaux dès leur arrivée et l’abolition de la pratique injuste des séparations familiales forcées. Le NPD appuie de tout cœur ces recommandations et toutes les autres qui se trouvent dans le rapport.
Près d’un an après la tentative du gouvernement libéral d’éliminer discrètement le programme des aides familiaux, et à seulement quelques mois de sa date limite, les aides familiaux ignorent toujours s’ils et elles pourront rester au Canada et comment cela pourrait se faire. Ces personnes ne savent même pas quand elles recevront des réponses à leurs questions. C’est carrément inacceptable. Pire encore, dans l’annonce du Plan des niveaux d’immigration 2019-2021 du gouvernement, nous avons noté une réduction considérable des cibles du volet des aides familiaux, qui passent de 17 000 personnes en 2018 à seulement 5000 en 2020 et à un « nombre indéterminé » pour 2021.
Les aides familiaux qui arrivent au Canada contribuent de façon importante à notre pays. Ces personnes s’occupent de nos enfants, de nos aînés ou de membres de notre famille ayant un handicap. Ils et elles accomplissent un travail difficile et éprouvant sur le plan émotionnel qui permet bien souvent à des citoyens canadiens de jouer un rôle plus actif dans notre économie. Par conséquent, les avantages qu’offrent les aides familiaux au Canada se ressentent au niveau des ménages, des quartiers, des municipalités, des provinces et du pays. Pour pouvoir faire du Canada leur patrie, les aides familiaux – qui sont majoritairement des femmes racisées – sont contraints à subir davantage d’obstacles que les autres immigrants économiques, notamment de se voir forcés d’être séparés de leurs familles pendant des années. Cela constitue une grande injustice. Quand cette injustice cessera-t-elle?
Les néo-démocrates vont continuer de faire pression sur le gouvernement libéral pour qu’il abandonne cette politique injuste et que les aides familiaux qui donnent tellement à l’économie canadienne puissent être réunis avec leurs familles. »