26 février 2019

Des voies ensoleillées aux camouflages corporatifs : une ligne du temps des incohérences libérales

Comme les temps ont changé! Du scandale de Mike Duffy à l’imbroglio actuel avec SNC-Lavalin, les standards d’éthique de Justin Trudeau ont changé plus vite que le temps qu’il faut pour dire « conflit d’intérêts ».

Voyons cela :

Justin Trudeau sur le scandale de Stephen Harper et Mike Duffy

« Des questions se posent quant à l’incohérence dans ses propres histoires, ses propres déclarations contradictoires. Il y a des incohérences dans ce qu’on a demandé aux ministres de dire au Parlement. » [Traduction] 16 août 2015

« C’est vraiment frustrant de voir le degré actuel de méfiance et de dégoût de la population canadienne envers le Parlement et le premier ministre. Il est temps que le premier ministre fasse preuve de leadership en exposant clairement tout ce qu’il savait. Hélas, la seule manière dont nous pourrons le faire est en faisant témoigner tout le monde sous serment. » [Traduction] 26 octobre 2013

« Depuis le début, il n’a rien fait d’autre que d’esquiver les questions et donner des réponses partielles ou erronées. En fin de compte, il n’a pas montré le type de transparence et d’ouverture auxquelles la population canadienne a droit. » [Traduction] Juillet 2013

« Monsieur le Président, la Chambre votera ce soir sur une motion qui vise à obliger les gens impliqués dans le scandale éthique qui éclabousse le Cabinet du premier ministre, y compris le premier ministre, à témoigner sous serment. Je suis certain que tous les députés conservateurs sont d'accord avec leur ancien collègue d'Edmonton—St. Albert pour affirmer que leurs concitoyens veulent des réponses. Le premier ministre permettra-t-il aux députés conservateurs de voter librement ce soir afin qu'ils puissent exprimer la volonté de leurs électeurs? 6 novembre 2013

Justin Trudeau sur le scandale Trudeau/Wilson-Raybould

Depuis que le Globe and Mail a publié le premier article sur cette affaire, Justin Trudeau et son équipe ont raconté plusieurs versions incohérentes et contradictoires de cette histoire.

Justin Trudeau a voté contre une enquête publique afin de faire la lumière sur ces allégations. De plus, Justin Trudeau soutient que le privilège avocat-client empêche Mme Wilson-Raybould de parler librement, même si elle souhaite partager ce qu’elle sait.

Treize jours après que la directrice des poursuites pénales eut annoncé clairement ses intentions d’aller de l’avant avec une poursuite criminelle envers SNC-Lavalin, Justin Trudeau a rencontré Jody Wilson-Raybould. Il a refusé de répondre à deux questions importantes à propos de cette rencontre : qui l’a organisée, et pourquoi a-t-il rencontré l’ancienne procureure générale alors que la décision d’aller en procès criminel avait déjà été prise par la directrice des poursuites pénales?

Jusqu’à maintenant, Justin Trudeau a refusé de témoigner sous serment, et le personnel du bureau du premier ministre a suivi son exemple, et ce, même s’il semble que ce soit la seule façon pour la population canadienne d’obtenir des réponses.

Au Canada, les gens méritent un premier ministre qui est de leur bord, un premier ministre qui se tiendra debout face aux personnes riches et bien branchées pour donner la priorité aux gens ordinaires. Ils veulent quelqu’un qui leur facilitera la vie, pas quelqu’un qui se démène pour conclure des ententes secrètes au profit de ses amis.

Justin Trudeau va-t-il dire la vérité en répondant aux questions sous serment ou bien – quelle idée! – se pourrait-il qu’à Ottawa, dans les voies ensoleillées de M. Trudeau, il y ait un ensemble de règles pour les élites proches du pouvoir et un autre pour le reste d’entre nous?