21 mars 2019

Le budget de 2019 des libéraux laisse tomber les communautés autochtones

OTTAWA – Le budget de 2019 était la dernière chance du premier ministre Trudeau de donner la priorité aux gens. Au lieu de cela, les libéraux ont déposé un budget qui ne répond pas aux besoins les plus élémentaires des communautés autochtones du pays. Le budget ne fait pas écho à l’urgente crise du logement dans les réserves et ne prévoit pas d’argent additionnel pour les services de santé dans les communautés autochtones, alors que les écarts dans les soins de santé entre les Autochtones et les non-Autochtones sont immenses.

« Dans le nord de la Saskatchewan, les membres des Premières Nations et les Métis sont fâchés de cette situation. Il n’y a pas de financement pour la prévention du suicide dans le Nord, pas de financement additionnel pour des cliniques médicales, pas de régime universel d’assurance-médicaments ni de nouveau financement pour nos modes de guérison traditionnels, a déclaré la porte-parole du NPD en matière de services de santé aux Autochtones, Georgina Jolibois. De la part d’un gouvernement libéral qui se prétend un champion des droits des Autochtones, ce budget est insultant. »

De plus, le budget des libéraux n’ajoute aucun financement de base pour l’éducation primaire et secondaire dans les réserves.

« Le gouvernement a raté sa dernière chance de faire ce qu’il faut pour les enfants autochtones. Le financement pour respecter le principe de Jordan est encore inadéquat. Il n’y a pas un sou pour le nouveau projet de loi sur la protection de l’enfance duquel les libéraux se félicitent depuis des mois. Et chaque année où il n’y a pas d’argent neuf pour le logement ni pour l’éducation primaire et secondaire est une autre année où les enfants autochtones perdent encore plus de terrain, a dénoncé le porte-parole du NPD pour la jeunesse autochtone, Charlie Angus. Ce budget ne fait pas grand-chose pour réduire l’écart ni pour s’attaquer aux vrais besoins des communautés autochtones. »

Plus tôt cette année, les député.es du NPD qui représentent des régions nordiques ont organisé une conférence de presse pour demander au premier ministre Trudeau de s’attaquer à l’épidémie à grande échelle de moisissures qui afflige les maisons dans les réserves partout au pays. Le budget libéral ne mentionne même pas cette crise et ne s’y attaque pas sérieusement, alors qu’elle cause de graves problèmes de santé parmi les Premières Nations au Canada.

« Il n’y a rien dans le budget libéral pour régler la crise du logement que vivent les Premières Nations dans le nord du Manitoba et partout au pays, a ajouté la porte-parole adjointe du NPD en matière de réconciliation, Niki Ashton. En voyant les longues listes d’attente, les maisons surpeuplées et les dizaines de milliers d’habitations ravagées par les moisissures, on pourrait penser que cela représente une priorité pour le gouvernement. Les demi-mesures ne règleront rien. Cet échec perpétuel entache l’image du Canada. »

Par ailleurs, les libéraux n’ont pas respecté ce que les gardiens de la langue leur ont dit : afin de prévenir la disparition des langues autochtones, il faut immédiatement obtenir un financement de base important et continu.

« Ce budget ne reflète pas la situation urgente avec laquelle les peuples autochtones composent, après des générations d’assimilation forcée et de destruction de leur culture. En raison des lois coloniales, nous avons subi la perte de notre identité, de nos langues et de nos modes de vie traditionnels. Le Canada a l’obligation d’adopter des mesures de redressement spéciales; nous devons voir dès maintenant un plus grand niveau d’engagement, a affirmé le porte-parole du NPD en matière de réconciliation, Romeo Saganash. Combien de temps encore les gens doivent-ils vivre dans des maisons qui moisissent? Combien d’autres enfants doivent se suicider? Combien de langues doivent disparaître? Nous devons faire mieux que cela. »