27 août 2019

Le NPD demande au Canada de prendre des mesures juridiques contre les fabricants d'opioïdes

Trudeau refuse de s'en prendre aux compagnies pharmaceutiques après les avoir rencontrées 875 fois

BURNABY – Johnson & Johnson, le géant pharmaceutique américain, a été condamné à payer 572 millions de dollars américains pour avoir alimenté la crise des opioïdes au sud de la frontière. Le chef du NPD, Jagmeet Singh, et le porte-parole du NPD en matière de Santé, Don Davies (Vancouver Kingsway), exhortent le gouvernement de Justin Trudeau à se joindre au gouvernement de la Colombie-Britannique pour engager des poursuites civiles au nom des Canadiens et Canadiennes, afin de déterminer si des poursuites judiciaires seraient justifiées.

« Chaque jour au cours des deux dernières années, dix familles canadiennes ont perdu un être cher à cause de la crise des opioïdes, a déclaré M. Singh. Les compagnies pharmaceutiques ont joué un rôle dans la crise américaine des opioïdes et elles peuvent aussi être légalement responsables des ravages causés par les opioïdes au Canada. Les libéraux de Justin Trudeau doivent cesser de protéger les grandes compagnies pharmaceutiques au détriment des gens et des collectivités. »

Les libéraux de Justin Trudeau ont refusé de se joindre aux actions en justice intentées par la Colombie-Britannique afin d'obtenir des compagnies pharmaceutiques une indemnisation pour les coûts de la lutte contre la crise des opioïdes. Jusqu'à maintenant, Justin Trudeau et les libéraux n'ont pris aucune mesure pour enquêter sur le rôle que les compagnies pharmaceutiques ont pu jouer dans le déclenchement de la crise des opioïdes.

Depuis les dernières élections, les libéraux ont reçu plus de 32 000 dollars en dons de la part de représentant·es d'entreprises pharmaceutiques et d'assurances et ils ont rencontré leurs lobbyistes à au moins 875 reprises.

« Des familles ont été brisées et des vies ont été détruites. Avec le jugement Johnson & Johnson, les parents en deuil au Canada sont en droit de se demander si les fabricants d'opioïdes ont également commercialisé ces produits auprès des Canadiens, des Canadiennes et des médecins canadiens d'une manière qui contrevient aux lois fédérales, ajoute M. Davies. Il est temps d'intenter des poursuites civiles et d'ouvrir une enquête fédérale pour déterminer si des accusations criminelles seraient justifiées contre les fabricants et distributeurs d'opioïdes pour leur rôle présumé dans le déclenchement de la crise des opioïdes. Les familles qui ont perdu un être cher dans cette crise méritent des réponses. »

Jagmeet Singh et le NPD se sont engagés, s'ils sont élus, à déclarer immédiatement une urgence de santé publique et à lancer une enquête sur le rôle que les compagnies pharmaceutiques ont pu jouer dans l'aggravation de la crise des opioïdes, réclamant une indemnisation significative
pour les coûts liés à cette crise. Le NPD s'est également engagé à appuyer les sites de prévention des surdoses et à élargir l'accès au traitement des toxicomanies.

Les faits :

  • L'été dernier, le gouvernement néo-démocrate de la Colombie-Britannique a intenté une poursuite civile contre les compagnies pharmaceutiques afin de se faire rembourser les coûts faramineux engagés par la province pour faire face à la crise. Cette année, le gouvernement de l'Ontario a annoncé qu'il se joindrait à la poursuite de la Colombie-Britannique.
  • En plus de la décision rendue lundi, le département de la Justice des États-Unis a déjà obtenu des plaidoyers de culpabilité et, avec des dizaines d'États, plus de 600 millions de dollars en dommages et intérêts de fabricants d'opioïdes pour des infractions commises dans le pays.
  • De 2011 à 2016 uniquement, les régimes d'assurance-médicaments provinciaux au Canada ont investi 548,6 millions de dollars en médicaments pour traiter la dépendance aux médicaments d’ordonnance et aux opioïdes illicites. Des centaines de millions de dollars de plus ont été versés par les gouvernements pour les visites à l'urgence, les premièr·es intervenant·es et les programmes de traitement.