19 octobre 2018

Le NPD demande à la ministre des Affaires étrangères de retirer ses commentaires sur la vente d’armes à l’Arabie saoudite

OTTAWA — Les néo-démocrates sont troublés par les commentaires de la ministre des Affaires étrangères, Chrystia Freeland, suggérant qu’il était plus important d’honorer le contrat de vente d’armes à l’Arabie saoudite que de faire respecter le droit international. La ministre a fait ces commentaires lors d’une entrevue radiophonique au cours de laquelle on la questionnait sur la disparition du journaliste Jamal Khashoggi et sur rôle de la coalition menée par l'Arabie saoudite au Yémen, un pays en situation de famine à grande échelle.

Lorsque la question de la vente d’armes à l’Arabie saoudite a été abordée « même si un massacre a lieu » au Yémen, la ministre a déclaré « qu’il est très important que le Canada soit un partenaire de confiance dans le monde sur une période de temps plus longue que celle garantie par les cycles électoraux ». Jeudi à la période des questions, la députée néo-démocrate Hélène Laverdière (Laurier—Sainte-Marie) a demandé à la ministre d’expliquer ces commentaires.

« Continuer d’envoyer des armes à l’Arabie saoudite représenterait une abdication totale de notre responsabilité collective envers la vie des Saoudien.nes et des Yéménites, a déclaré Mme Laverdière. La population canadienne s’attend à mieux que cela. »

Les néo-démocrates ont toujours été fermement solidaires des Canadiens et des organisations de la société civile – comme Amnistie internationale et Human Rights Watch – qui ont réclamé à plusieurs reprises l’arrêt de l’exportation d’armes canadiennes en Arabie saoudite. Le Traité sur le commerce des armes oblige les États membres à tenir compte, avant d’autoriser l’exportation de matériel militaire, de la potentialité qu’il puisse être utilisé pour violer les droits de la personne ou le droit humanitaire, ou encore pour nuire à la paix et à la sécurité. Le Traité exige aussi que les permis d’exportation d’armes soient réexaminés lorsque de nouveaux faits surviennent.

« Un partenaire de confiance doit aussi se tenir debout pour les droits humains, et ce, avec des gestes, pas seulement des paroles », a ajouté la députée Laverdière.

Un récent sondage de la firme Ipsos montre que 84 % de la population canadienne s’oppose à la poursuite de la vente d’armes par le Canada à l’Arabie saoudite, à la lumière des preuves que des armes canadiennes ont été utilisées contre des dissident.es saoudien.nes, ainsi que dans l’horrible guerre au Yémen, qui est alimentée par des ventes d’armes à la coalition saoudienne et qui a coûté la vie à des milliers de civils.