28 février 2019

Le NPD veut mettre fin à la violence envers le personnel soignant

OTTAWA – Jeudi, le porte-parole du NPD en matière de santé, Don Davies (Vancouver Kingsway), a déposé un projet de loi pour s’attaquer à la violence envers les travailleurs et travailleuses de la santé au Canada. Cette mesure législative modifierait le Code criminel pour faire en sorte qu’au moment de décréter une sentence, une cour considère comme facteur aggravant le fait qu’une victime d’assaut soit un travailleur ou une travailleuse du secteur de la santé.
« La violence envers le personnel soignant constitue un problème croissant de plus en plus présent dans le système de soins de santé canadien, a déclaré M. Davies. Chaque jour, ces personnes doivent composer avec les traumatismes et avec le public, et le nombre et l’intensité de ces attaques augmentent à un rythme alarmant. Ce projet de loi envoie le message suivant : les personnes qui procurent ces services essentiels doivent être traitées de manière respectueuse et sécuritaire. »
Parmi les intervenants qui appuient l’initiative de M. Davies, on retrouve Mark Hancock, le président national du Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP), Tanya Williams, une membre du SCFP au Réseau universitaire de santé à Toronto, Linda Silas, la présidente de la Fédération canadienne des syndicats d’infirmières et infirmiers, et Marc Page, le président de l’unité de négociation de l’Hôpital d’Ottawa.
« Partout au Canada, les gouvernements et les employeurs ont privé les lieux de travail du secteur de la santé du financement et des ressources qui leur sont nécessaires pour assurer la sécurité de leur personnel. Un trop grand nombre de ces personnes doivent travailler seules ou dans des contextes de manque d’effectifs. Les patients se retrouvent mal desservis, ce qui fait augmenter la prévalence d’incidents violents. Cet enjeu obtient enfin l’attention dont il a grandement besoin », a affirmé M. Hancock.
Au cours de la dernière décennie, le nombre de demandes d’indemnité pour temps perdu liées à de la violence s’est accru de près de 66 % chez le personnel soignant de première ligne, soit le triple du taux d’augmentation pour les agent.es correctionnel.les et de police combinés. Selon l’Association des commissions des accidents du travail du Canada, pour l’année 2017 uniquement, il y a eu 16 617 demandes d’indemnité pour temps perdu provenant de postes du domaine de la santé au Canada.
« Il y a une pression incroyable dans les soins de santé de première ligne, a lancé Mme Silas. En plus de son effet dissuasif, ce projet de loi vise à retirer le problème des mains du personnel soignant pour le donner aux mécanismes d’application de la loi afin de permettre aux infirmières et infirmiers de se concentrer sur leur champ d’expertise : les soins aux patients. »
Des données à l’échelle nationale montrent qu’au cours des 12 derniers mois, 61 % des infirmières et infirmiers ont vécu un problème « sérieux » comportant une forme quelconque de violence. Au cours de la même période, les deux tiers (66 %) des infirmières et infirmiers ont envisagé de quitter leur emploi pour travailler chez un autre employeur ou dans une autre profession.
« Les travailleurs et travailleuses de la santé prennent soin de nous alors que nous sommes le plus vulnérables. En retour, nous avons la responsabilité de prendre soin d’elles et eux, a ajouté M. Davies. Pour s’attaquer à cette crise, les gouvernements, les employeurs, les syndicats et les autres intervenants du secteur de la santé ont tous un rôle à jouer. »